Lycées Jean-Baptiste Dumas

Textes 2009-2012

  PROJET D’ECRITURE AUTOUR DES ADDICTIONS

2009-2012

(Dans le cadre du dispositif de prévention des risques liés au conduites addictives.

Comité de pilotage.)

 

Thème : « permettre aux élèves de dire et d'exprimer leurs perceptions des risques »

Visée : « repérer et décrire les circonstances de la vie quotidienne qui permettent et favorisent les contacts avec les produits addictifs (drogues, tabac, alcool) »

Les écrits que vous pourrez produire seront intégrés dans un fascicule remis en fin d’année scolaire à chacun des auteurs de texte(s) et pourront éventuellement faire l’objet d’une publication numérique (puis papier) sur le site du Rectorat de l’Académie de Montpellier.

L’écriture peut être autobiographique ou fictive, quels que soient l’exercice littéraire, le(s) registre(s) ou le genre que vous choisirez…

Ils serviront aussi lors d’une semaine de sensibilisation (ou de « Journées contre les addictions »), au C.D.I., dans le courant de l’année à venir, et y seront exposés et/ou mis en espace et en voix à cette occasion.

Bonne lecture !

 


Possibles débuts de texte dans le cas où vous auriez quelque difficulté à commencer :

Je ne savais pas que ça prendrait autant de place…

Quand je l’ai rencontré (e), c’est peut-être son air un peu absent…

Je l’ai revu (e) deux après. Qu’y avait-il de si changé…

Il croyait que l’euphorie allait durer toujours…

Aujourd’hui, je n’arrive plus à me concentrer.

Le temps s’arrête. Immobile aux autres…

Si je l’ai fait, c’était pour faire partie…

Apaiser Peser Peiner…

A ton corps, ce trou sans hâte…

Vertige… Pour moins de mal à la douleur…


Afin de faire paraître vos écrits sur le site du Lycée, merci de les faire parvenir (saisis sur traitement de texte en pièce jointe et intégrés dans le corps de votre mail) avec vos nom et prénom, à :

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ou

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professeur de Lettres/Théâtre.

Il vous appartient de me dire à ce moment-là comment vous souhaitez les signer (tout ou partie des prénom et nom, pseudonyme, anonyme…)

Bonne inspiration !

 

    Un système d'onglet en javascript
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2009-2010

Pour moi, la dépendance n’existait pas.

 

Dans mon esprit, l’addiction au tabac, on avait inventé ça pour manipuler les fumeurs et gagner encore plus de fric.

Alors, quand en hiver 2008, cet horrible décès m’est tombé dessus et que je me suis vue dépérir au milieu de mes amis fumeurs épanouis, je me suis jetée dedans. Dans un paquet de tabac. Et j’ai compris trop tard que j’avais signé pour bien longtemps.

            Une clope, ça ne mènerait pas au trépas. Au début, j’aimais vraiment ça. La première m’a fait tousser. La seconde m’a fait tourner la tête, la troisième m’a donné envie d’une autre. Puis même si ça ne rend pas plus intelligent, ça donne une contenance. Avec une cigarette à la bouche, on a tout de suite l’air plus vivant, plus occupé qu’assis à ne rien faire. Et même si ça paraît très con, ça crée des liens. On emprunte du feu, on discute de quelle marque est la meilleure, on sympathise avec le buraliste.

            Au début, je fumais un paquet en trois semaines, puis il m’en fallait un par semaine, et maintenant deux. Avant j’utilisais mon argent de poche, il m’en restait même ; maintenant je cherche des prétextes pour emprunter de l’argent à mes parents. Et un matin, alors que je fumais ma première cigarette de la journée, je me suis rendue compte que je n’y prenais plus aucun plaisir. Evidemment, j’ai continué. De toute façon, qu’est-ce que je ferais du temps que je gaspille à me noircir les poumons si je ne fumais plus ?

            En fait, ce jour-là, j’ai choisi de parler de ma dépendance à mon père. Il connaît ça, lui. Me voilà donc, un mercredi midi, attablée avec mon père, dans notre petite cuisine ensoleillée, lui avouant que je fume depuis près d’un an. Et lui, d’habitude si irritable, sensible, est resté calme. Il m’a regardée, m’a dit : « ah oui ? », m’a parlé de cancer du poumon, de l’argent que je gaspillais, etc… Et il m’a laissée finir mes pâtes. Mon géniteur calme…

La mer sans la marée.

            Et maintenant, je suis seule, face à mon paquet de Camel sans agents de saveur.

            Arrêter ? La flemme. Je n’ai aucune volonté, à part celle de remonter le temps et de ne jamais commencer. Je suis une loque.

            Continuer ? Attendre que ça passe. Voilà une solution. Me mentir, toujours un peu plus, attendre de me réveiller en ayant oublié que je fume. Je suis une loque.

            La vie est belle.

 

N. M.

 

 

 

 

 

 

 

 

« 4 années sont passées, pour moi, rien n’a changé, il est resté le même. Il jure ne plus y toucher, ne plus en avoir envie, avoir abandonné cette cocaïne, cette drogue qui ronge jusqu’au dernier sang.

Mais je n’y crois pas entièrement, il me reste des doutes : les difficultés financières malgré un bon salaire, les états d’énervement et d’anxiété malgré une période calme…

A-t-il vraiment arrêté ? Est il aussi «clean» qu’il le dit ? Seule je ne peux pas savoir.

J’ai mis mes doutes de côté jusqu’au jour où un commissaire appela chez moi, il recherchait un certain Mr L.

D’après cet officier, ce Mr L. aurait au mois de décembre dernier, consommé de la cocaïne achetée précédemment à un dealer connu des services de police.

Pensant d’abord à un canular, je réalise ensuite que mes doutes étaient en réalité confirmés par les dires de ce commissaire.

Toutes ces années de traitement, pour finalement en arriver là. Une déception, une fois de plus par la drogue, par une dose, des années d’espoirs gâchées. Il dit être retombé une seule fois, sûrement la fois de trop pour nous, et un rien pour lui.

Il fuit, il nous fuit, il fuit la réalité, et tout ce qu’il l’entoure.

La justice lui a ordonné une injonction thérapeutique, une de plus, une qui j’espère servira, une ultime qui le sauvera.

Seul le temps nous dira ce que l’avenir lui réserve. Pour ma part, je souhaite qu’il s’en sorte, qu’il sorte de son mensonge, et qu’il parle ouvertement de son problème.

Ce jour là arrivera, je le sais, mais en attendant, cette drogue divise et brise une famille en apparence pourtant banale… »

 Oriane

 

 

Je suis âgée de dix neuf ans et voici mon histoire...

Mon père lors de sa seizième année a la malheureuse idée de toucher à la drogue dure. A vingt cinq ans il fait la connaissance de ma mère, ils tombent amoureux. Ma mère découvre qu'il se drogue et malgré cela ils me mettent au monde. Jusque là tout va pour le mieux dans leur couple, jusqu'à ce que mon père, afin de pouvoir obtenir de quoi se droguer, utilise le salaire de ma mère. Elle se prive chaque mois, demande de l'aide à des services sociaux pour pouvoir s'occuper de moi. Il la ruine, la détruit. Il doit s'occuper de moi, car ma mère travaille, mais au contraire me laisse seule pendant des heures pour aller se fournir, alors que je n'ai que quelques mois. Cela dure jusqu'à ce qu'ils se séparent, lorsque je suis âgée de trois ans seulement.

Je vis seule avec ma mère depuis deux années, j'ai cinq ans. Elle rencontre un autre homme avec qui elle a un second enfant. Je vois mon père régulièrement. Je fais face à un homme détruit, qui change souvent de compagne, ce qui me perturbe. Les substances qu'il prend quotidiennement le rendent maladroit et inconscient, il laisse une de ses compagnes s'occuper de moi : elle me fait couler un bain brûlant, et me force à y entrer. Je suis très jeune et je vois mon père dans son lit avec plusieurs femmes, ce qui me choque. Cette situation perdure jusqu'au moment où je ne le vois plus. Je n'ai plus de nouvelles de lui, jusqu'au jour où je reçois des cartes postales de sa part ainsi que des lettres, dans lesquelles il m'explique la raison de son absence : il part en voyage pendant un long moment et que je ne dois pas m'inquiéter. Ma mère m'apprend qu'il a commis des erreurs graves, que le « long voyage » est en réalité un séjour en prison, et que c'est pour cela qu'elle décide de m'interdire de le voir. Elle ne souhaite pas m'expliquer les erreurs qu'il a faites, je pense qu'elles doivent être importantes. Quelques années passent.

Ma mère trouve anormal de me priver de voir l'homme qui m'a mise au monde, elle me propose alors de le rencontrer afin de voir la personne qu'il est en réalité. Elle me dit qu'il ne se drogue plus et qu'il a une meilleure santé qu'auparavant. Lorsque je le vois je suis face à un inconnu, une personne qui m'est totalement étrangère. Il a une nouvelle femme. Il me demande de l'appeler « papa » mais je ne peux pas, je ne peux l'appeler que par son prénom. Je me rends chez lui dès que je peux, afin d'apprendre à le connaître. Je remarque qu'il travaille souvent et a donc peu de temps à me consacrer. Pendant quelque temps, je passe des moments agréables entourée de lui et de sa femme. De leur union, naissent deux enfants, qui s'attachent peu à peu à moi. Plus le temps défile et plus je m'aperçois que la femme de mon père ne m'apprécie pas. Elle se donne le droit de me sous-estimer, de me faire des reproches, mais aussi de me critiquer et de critiquer ma mère par la même occasion. A chaque retour de chez lui, ma mère me retrouve en pleurs. Elle me conseille d'en discuter avec lui par lettre, car il est plus facile de s'exprimer à l'écrit. De retour chez lui, lui et sa compagne m'accusent d'avoir tout inventé, me reprochent de mentir. Je suis très étonnée devant la réaction de mon père. Comment peut-il plus faire confiance à sa femme qu'à sa propre fille? Je commence à douter de l'estime qu'il a pour moi. Les années passent, et la situation empire. Je décide de ne plus le voir, car cela me rend trop malheureuse.

Aujourd'hui, jour de mon dix-huitième anniversaire, j'espère recevoir un appel de mon père. Je n'aurais pas dû espérer, il ne m'a pas appelée. Je me rends compte que je représente peu à ses yeux. Je pense souvent à lui, me pose des questions à son sujet, pourquoi me renie-t-il à ce point ? Je prends l'initiative de lui dire tout ce que je pense de lui, par téléphone, cette fois-ci. Voici ce que je lui dis : « Papa j'ai voulu voir qui tu étais en réalité et j'ai eu tort. J'ai tenté de t'expliquer ce que ta femme m'a fait vivre, mais tu as préféré la croire elle plutôt que moi. Lorsque que l'on se voyait nous n'étions pas proches, mais comme deux inconnus. Je sais que tu as vécu des choses difficiles, mais je ne comprends pas pourquoi tu me nies comme tu le fais, peut-être parce que je fais partie de ton passé et que tu souhaites oublier ton passé. Si c'est que tu veux... Je t'oublie aussi, mais prends conscience que je te raye de ma vie définitivement et que je ne veux plus jamais entendre parler de toi car tu as détruit mon enfance ainsi que ma mère... »

Malgré ce que je lui dis, il me répond qu'il n'a pas le temps de discuter avec moi car il travaille. Je fonds en larmes. Ceci confirme ce que je pensais, il veut m'oublier. Depuis, je vis mal, je suis mal dans ma peau. Je ne prends goût pour aucune chose que je fais. Je suis atteinte de crises d'angoisse, qui se répètent de plus en plus au fil du temps. J'apprends que lorsqu'on commence à faire ce genre de crises, elles ne font qu’empirer, qu'elles sont de plus en plus fréquentes et qu'il est très dur de ne plus en faire, c'est en quelque sorte comme la drogue dure, il faut du temps pour ne plus vivre avec... Je suis certaine que mon mal-être s'explique par mon enfance douloureuse, qui m'a terriblement marquée ; mon enfance détruite par mon père, qui a lui même détruit sa vie avec la drogue, cela a eu de graves conséquences sur lui-même et sur son entourage... Je me promets de ne jamais y toucher car je ne veux absolument pas faire la même erreur que lui. J'espère, dès à présent, malgré cette enfance difficile, réussir à vivre comme il le faut, comme toute personne normale et essayer d'en faire abstraction...

  Anonyme

 

 

11h. Ma Femme me réveille. Nous sommes mariés depuis 7mois, avons un enfant ensemble, et elle a aussi des enfants d'un premier mariage. Aujourd'hui nous devons allez cher sa fille, elle organise un repas en l'honneur de la naissance de son premier enfant. Je dois lui préparer des moules, elle ne supporte plus la viande. Mais j'ai travaillé jusqu'à 2h du matin, je suis fatigué... et surtout je n'ai pas encore fumé. Pas une cigarette, non. Mais un bon gros joint comme je les aime. Il est mon meilleur ami, celui que me détend et qui m'aide à vivre mieux. Du coup, je me sens mal, tout me contrarie et m'énerve. Même mes chats, que d'ordinaire j'aime tant, m'emmerdent à miauler en sentant l'odeur du poisson. Mon fils, ma femme, le fait que son ex-mari et que son fils débarquent aujourd'hui pour, eux aussi, voir le bébé... tout ça me gonfle ! Mais ce qui m'a rendu fou, c'est que le mari de ma belle-fille me demande de lui prêter ma voiture. Je ne sais pourquoi, je ne sais comment, mais j'ai craqué. Je ne contrôle plus rien, ni gestes, ni paroles. Je ne suis plus moi. Je suis hors de moi. J'observe ma femme, elle hurle, et moi, qu'est-ce que je fais? Je la frappe. Un coup de poing dans le nez. Je la vois, ma femme. Elle hurle, saigne. Plus je l'entends crier, plus je deviens fou. Je ne suis plus moi. Et ces mains que j'observe, sont-elles les miennes? Pourquoi tiennent-elles ce couteau? Pourquoi l'agitent-elles vers le visage de ma femme ainsi? Est-ce moi? Est-ce que je suis devenu un homme qui frappe sa femme, une ordure?... Tout ça parce que je n'ai pas fumé de joint...

 Anonyme

 

On prend ce qu’on peut avec la vie qu’on a. On se lève, on mange et on se couche. Il suffit à un certain moment de prendre le devant sur ce que l’on a envie de vivre, et cette envie de vouloir prendre le devant est merveilleuse car trop irréaliste. C’est un peu comme un projet fou, savoir ce qui se passe autour de nous, toujours une impression de vue panoramique, de conscience. Chaque chose est palpable… On ressent encore et encore. On pense aussi comprendre plus que vous. On entend parler le monde et on connaît l’astuce : « Si ton père t’emmerde, propose-lui de la drogue, mais surtout, n’en prends pas toi-même ».

Après tout, on le sait bien que c’est le mal et pourtant cela nous atteint pas trop. Pourquoi ? Parce que nous sommes heureux. Vraiment heureux ; l’adolescence c’est dingue ! « Oui bonjour, je suis en pleine série d’ajustements comportementaux », grand sourire, on cligne des yeux « et je me drogue ». Avoir des relations sexuelles, ça peut être risqué ; de fumer, de boire, de prendre le volant, ça peut être risqué. La vie c’est risqué. La prise de risque est relative par rapport au contexte, à la personne. On va préférer s’assurer du « pourquoi je fais cela ? », si tu sais, tu es sauvé et capable de suivre la route… Marche droit devant toi. Un pied après l’autre. Si tu sais où tu vas et ce que tu veux, je te dis : OK. On peut accepter aussi que les gens aient besoin d’utiliser quelque chose pour vivre.

On ne parle pas d’addiction comme on ne parle pas à la première personne du singulier… On vit au pluriel, et on pense que - forcément – cela nous apporte quelque chose. On continue à le croire d’ailleurs, si on se dit qu’on prend ce qu’on peut… On rit beaucoup et ça nous amuse. On se laisse abandonner tous ensemble, main dans la main. Pas de violence, juste du calme ou bien un grand vacarme, quoi qu’il arrive, on rit beaucoup ; ça nous amuse. Et puis quelle joie le bonheur !!! On nous dira qu’il n’y pas de plaisir sans déplaisir, quand on retombe c’est chiant… Donc on va monter tout le temps ! Tentons l’impossible. On rigole, on aime tout le monde, on se retourne et on est bien seul. Non, on rigole on aime tout le monde et quand vient le moment de se retourner, on se retrouve merveilleusement entouré. Là tout de suite je suis, et je fais exactement ce qu’il me plaît, avec mes personnes. C’est moi qui choisis. C’est un peu l’idée de « j’ai ce que je voulais, ça y est ». Pourtant, toute cette jolie petite histoire reste incroyablement floue. On ne parle pas du temps, et on ne sait ni de qui, ni de quoi on parle. Juste bien.

 

Les premiers mots écrits ont été « On donne ce qu’on peut avec la vie qu’on a » pour très vite être remplacé par « On prend ce qu’on peut ». J’essaye de rester lucide, je parle à la première personne du singulier. Ca me fait du bien, je tiens la route.

  Anonyme

 

 

 

XANT

 

X est né affamé avec une dalle monstrueuse… Il grandit dépendant. 

D’aussi loin qu’il se rappelle X laisse déjà traîner ses ongles sur la peau de celle qui la première… Et marque de ses dents le bout de ses  seins .C’est après elle qu’il court, tout est seulement plus pâle plus doux et suivi d’un sommeil avaleur de souvenirs.

X nous raconte :

« J’aurais buté tous les autres niais qui lui tournaient autour, j’la cherchais dans toute la maison quand elle me laissait seul avec l’autre porc. Et quand moi je lui faussais compagnie c’est elle qui me courait après ».

Eclaboussure de boue, premier hématome, odeur de chien mouillé, journées qui s’étirent, lumière caramélisée, touche pipi…Rien  n’échappe à X qui dévore avec goût. Appétit réfréné par l’ennemi numéro 1, coup de poing dans le bide suivi d’une régurgitation amère…X laisse tout sur le carreau en se demandant ce qu’il était en train de faire « Pas sur le point de tuer mon père… ça c’est des conneries ».

Plus tard X fait souvent ce rêve :

« C’est l’été, il fait très chaud sur la Vespa, elle s’agrippe à mes épaules, l’intérieur de ses cuisses brûle contre le skaï… nos sueurs se mélangent, fusion moite et lascive en mouvement ».

X rêve d’abord en automne, une Vespa et son cœur pour l’été. Dream Addict. Tout l’hiver tout le printemps à se mettre à genoux, l’été ne sera pas plus chaud…

« Il est temps d’être un homme ! » X croit déjà entendre à travers ses propres maux la voix de l’ennemi numéro 1.

 « C’est ici que je m’accoutume à être con » Entre deux chaos, deux coïts déliés, soporifiques X constate qu’il y a quelque chose de sensuel à lâcher prise. Un Samedi soir dans sa chair qui devient tous les soirs. Ainsi en un rien de temps, d’un été ou d’un hiver, X se retrouve les côtes saillantes, les pupilles éclatées… ses ongles restent accrochés à des murs maculés.

X nous décrit :

« Dans ces moments-là je les vois danser tout autour de moi, elles m’appellent, elles sont semblables au rêve… Mais je suis incapable d’en saisir une. La lumière estivale disparaît, elles deviennent putains, écrasent leurs cuisses, leurs seins contre une carcasse qui ne m’appartient plus. »

Il y a quelque chose de sensuel à lâcher prise.

La chute est trop rapide, X saigne du nez…

X se retrouve au sein d’un cercle, plus affamé que jamais, on peut l’entendre dire :

« La vie est une drogue dont je me suis lassé… la défonce n’est qu’un substitut. Je l’ai  trop aimée je lui ai trop ouvert les bras, la bouche, le sexe .Elle a trouvé le moyen de me violer, de me salir ».

Tous crocs à l’air les camarades du cercle observe X, les chaises en plastique grincent, spasmes et sueurs froides…

« X, quel objectif allez-vous vous fixer à votre sortie, rendre visite à votre mère, pardonner à votre père peut-être ? »

« Faire l’acquisition d’une Vespa… »

  Baby Fist

 

 

 

L'addiction. Pour beaucoup ce mot se rapporte souvent à la drogue ou à l'alcool. On oublie souvent que l'addiction peut se rapporter à beaucoup d'autres choses... Aux jeux vidéos, au sport ou même à un groupe de musique. C'est ce que je ressens, je me sens addicte à un groupe de musique. Être addicte ne se résume-t-il pas à ressentir un besoin constant de quelque chose, à en avoir besoin pour se sentir mieux, pour aller mieux, pour vivre ? Si c'est bien la description de l'addiction alors je pense que je peux me dire addicte à ce groupe de musique. Quand j'entends la voix du chanteur ou le son des instruments des musiciens, je me sens tellement bien, on pourrait dire que plus rien ne m'atteint, je suis dans une bulle qui se forme entre eux et moi et plus rien autour n'a d'importance. Entendre une de leurs chansons, me rend heureuse et euphorique. Lorsque je me rends à leur concert, j'ai l'impression d'être dans un autre monde et les plus beaux moments de ma vie sont certainement ces moments que je passe à attendre devant les salles de concerts avec les autres fans. Je pourrais sans conteste passer des heures ou des journées entières à attendre ce qui ne durera qu'une heure, et c'est ce que je fais. Certaines personnes ne peuvent pas comprendre, ils pensent sans doute que je suis folle et que je devrais entreprendre une thérapie. Ils ont peut-être raison... Nous, les Fans de Tokio Hotel, sommes considérées comme folles par le reste du monde. Nous en avons conscience, mais ça ne nous atteint pas. Certains nous traitent de droguées, et c'est peut-être ce que nous sommes, droguées à notre groupe préféré. Mais dans ce cas là, je voudrais dire que cette addiction n'a rien de nocif. Nous avons besoin d'eux pour vivre, pour nous sentir bien et pour avoir l'impression d'un but dans la vie. Ce besoin s'atténuera certainement avec le temps. Mais pour nous retrouver dans notre adolescence, si nous avons besoin d'eux, je ne comprends pas en quoi cela peut déranger certaines personnes. Ne vaut-il pas mieux que nous soyons heureuses, en étant addictes à ce groupe, plutôt que malheureuses ?

 

Nous avons peut-être des comportements extrêmes pour certains. Il est vrai que la plupart d'entre nous irait n'importe où, ou ferait n'importe quoi pour pouvoir être plus près d'eux ou tout simplement leur faire plaisir. Il y a deux ans, je me souviens que beaucoup de fans à travers toute l'Europe s'étaient cotisés pour leur offrir une étoile (une étoile dans le ciel porte dorénavant le nom de Tokio Hotel), pour leur montrer qu'eux sont nos quatre étoiles, qui en font briller tellement d'autres dans nos yeux. Cette addiction à eux, je ne pense vraiment pas qu'elle soit nocive, sauf peut-être lorsqu'il faut se remettre de la séparation, après un concert. C'est toujours très dur de se retrouver si loin d'eux alors que quelques minutes avant nous étions si proches... Je pense que l'état dans lequel nous sommes après ces instants-là, se rapproche de l'état de manque. Je ne dis pas que c'est aussi fort, mais je sais que nous nous sentons plus bas que terre et vraiment très mal. Nous pouvons passer des heures ou des journées entières enfermés dans notre chambre à écouter en boucle les trois albums et à pleurer... Je pense qu'on ne pleure jamais autant qu'à ces moments-là. Heureusement nous pouvons compter sur les autres fans, qui sont toujours là pour nous remonter le moral.

 

Être addictes à un groupe de musique, ça peut passer pour de la folie, facilement, et personne, mis à part les autres fans, ne peut comprendre notre état. Nous faisons les frais de beaucoup de moqueries et de violences, qu’elles soient physiques ou mentales. Mais nous sommes toujours prêtes à nous relever et à affronter pour eux et pour tout le bonheur qu'ils nous apportent. Notre humeur dépend aussi d'eux, lorsque nous les voyons heureux, nous sommes heureux ; lorsque nous les voyons tristes nous le sommes aussi. Je ne sais pas si les gens comprendront, mais en tout cas je pense réellement que ce que nous ressentons entre dans le cadre de l'addiction, puisque nous avons besoin d'eux pour vivre. Ils nous aident à avancer dans la vie. Nous nous enfermons peut-être dans notre « communauté » de fans, nous nous cachons peut-être derrière cette étiquette, mais nous sommes heureux comme ça. Les gens ne pourront sans doute pas comprendre, ceux qui sont addictes aux « vraies drogues » ou à l'alcool, mais je pense réellement que ce que nous pouvons ressentir se rapproche de ce que ressentent les personnes droguées, sauf que, pour ces personnes-là, cette drogue nuit à leur santé. Notre drogue ne nous détruit pas la nôtre. Elle nous permet même dans certains cas, d'aller mieux, de se relever de certaines épreuves et, tout simplement, d'arriver à avancer dans la vie.

 

C'est pourquoi je pense que les fans peuvent se rapporter à des addictes. Je ne sais pas si mon point de vue est juste et je ne sais pas si les gens le comprendront. Ce que je sais c'est que dès que l'on m'a parlé d'un sujet sur l'addiction, j'ai tout de suite pensé à écrire sur ce que les fans peuvent ressentir vis-à-vis de Tokio Hotel, comme vis-à-vis d'autres groupes pour d'autres fans. Alors voilà, je sais que peut-être cela me détruit à petit feu et je sais que, sans doute, les gens ne comprendront pas. On ne peut réellement comprendre que si on le vit... Ma drogue c'est Tokio Hotel et je sais que quoi qu'il arrive, je ne pourrais pas en changer. Mais finalement, je préfère largement pouvoir me contenter de me « shooter » à leur musique, plutôt que de devoir le faire à autre chose. Je suis droguée, c'est vrai, mais cette drogue va sûrement me permettre de passer les plus beaux moments de ma vie, et en plus, elle ne nuit pas à ma santé.

 Anonyme

 

 

 

La candeur des âmes égarées

  

Tu étais un équilibriste pris entre deux mondes qui ne pouvaient se concilier. As-tu choisi la facilité ? As-tu privilégié la décadence non chorégraphiée des corps. Oui, c’est ça envoie-toi dans le décor. Encore, en corps. Tu as choisi un aller simple pour le non-retour. Et tu te jettes à corps perdu sur ce radeau qui fille à une allure folle. J’en ai le mal de mer pour toi. Tu vogues sur des eaux dangereuses, tu divagues sur le Styx, cramponne-toi bien car les berges s’éloignent de plus en plus. Et moi au bord du quai, je te vois t’enfoncer dans ces eaux sombres et rien n’y fait, ni mes gestes, ni mes mots, je suis impuissante, obligée de te regarder partir alors que mon cœur te crie, te prie de rester. Il y a du monde avec toi, mais ne te méprends pas, ce ne sont que les Tantale et Sisyphe des temps modernes, condamnés tels des forçats, contraints dans cette spirale de la perdition, dans ce huis clos des périls juvéniles. Ne crois pas qu’ils t’aideront. Les voyages se font seul, terriblement, tristement seul. La mer se déchaîne. Non, pardon, ta mère se déchaîne. C’est elle qui t’a emmené sur le quai, valises en main. Evitant tout signe d’affection, elle a tourné les talons et ne t’a pas regardé partir, n’a pas tendu l’oreille quand toi tu tentais d’oraliser ta douleur d’être. C’est elle qui t’a emmené sur le quai, valises en main, mais c’est toi qui as choisi de monter dans la galère. Elle t’a emmené au bord du gouffre, elle ne t’a pas poussé. Elle t’a seulement emmené à l’orée de la débâcle du monde. Plein dans le mille, tête la première ! Enfin la paix pour toi, pris dans ce monde factice, emporté par la vague, tu n’entends plus l’extérieur. L’ailleurs s’intériorise en toi. Tu es tout. Tu t’étouffes. Le temps court, l’eau coule, et toi, tu sombres. Il y avait les sombres héros de la mer, de l’amer ; Bienvenue à ceux de l’acide. Bientôt, tu réentendras le monde frapper à ta porte mais tu seras alors loin, trop loin pour pouvoir revenir. Mais veux-tu revenir ? Aujourd’hui tu ne conçois une vie heureuse qu’avec tes buvards acides, ta poudre immaculée, tes injections d’adrénaline. Tu ne veux pas revenir, n’est-ce pas ? Tu vas vers un Eden artificiel, vers un arrière monde aux allures de limbes. Quitte ce bateau, je t’en prie. L’acidité de tes psychotropes t’emmène loin de tout. Reviens-toi.

  M.D.

Miss u Dude.

 

C'est le flou. Ce n'est pas que c'est désagréable... Non. Mais je n'y suis pas du tout, hein ? Il me manque cet élément pour dire où je ne suis pas, où je devrais être. Je n'en sais rien du tout. Avant, je savais que je devais être n'importe où sauf là où je suis maintenant. N'importe qui sauf cette ombre qui se traîne. Faible; la promesse de non-avenir, contre production d'une société qui fournit les armes pour se flinguer et n'assume pas les balles perdues. Moi je n'entends que mon propre râle, une âme qui en s'essoufflant essaye de crier. Aphone dans un monde indifférent. Laissons aux enfants leurs illusions, le monde est dur. Quels salauds, détruire la plus belle chose au monde, couper la vie, s'auto ligaturer le coeur et espérer toucher le plus de monde autour de soi. Un appel au secours après avoir appelé la mort. Gavroche est le martyr d'une nouvelle génération prise dans les bras d'une mère cruelle. Mourant d'envie pour sa progéniture, les yeux brûlants, tentée par le diable, devenant à son tour diable, elle balance le tout dans le tourbillon, envoie valser les dernières lueurs d'espoir. Elle ne pouvait supporter de les voir, ces enfants heureux qui possédaient encore ce qu'elle avait volontairement refusé : une vie libre de tout. Libre de toi, petite particule de bonheur que je crois attraper. Bonheur factice, un panneau aux paillettes brillant quand on croit qu'il ne s'agit que d'essayer. Les paillettes sont tombées, bas les masques. Côté glamour piétiné, arraché, et à terre se tordent mes membres dans un soubresaut de mort. Quoi, ça, c'est moi ? Encore faudrait-il que j'existe... BORDEL. J'suis bouffée tout entière, idée après idée, force après force. Sourire après sourire. C'était trop simple d'éviter, c'était tellement plus simple de tomber. Et je suis tombée. La chute, maintenant, est inévitable, et c'est la même pour tout le monde. En général on se bat jusqu'au bout. Moi j'suis venue avec ma foutue fierté, mon arrogance, mon envie de vivre un peu, dans aucun cas celle d'écouter et de faire confiance. Moi, j'suis venue, j'ai nargué tout le monde. J'ai sauté. Ma normalité a basculé dans une existence filtrée. On a toujours dit que la normalité était une notion abstraite. Croyez-moi; l'abstrait est réservé à ceux qui vivent comme je vis. Vous n'avez rien vu, non. Le piége, mon erreur. La mascarade, la leur. Je les hais tous, mes compagnons de défonce. Ils me tendaient le cannabis, le LSD, les champipis, la C., ces chers enfants de ma survie. Des mantes religieuses qui t'embrassent, te font découvrir la jouissance. Un court instant ? Eternité refoulée. Te tuent. Les yeux dans les yeux, la bouche sur la bouche, baiser d'amor(t), l'être sans l'être, mon coeur comme la pomme empoisonnée d'un Eden désabusé. Patte blanche ; confiance. Poudre blanche. Chair blanche. Nuits blanches. Et plus rien. Là s'arrête tout, plus que du noir d'encre, un couloir sans lumière et sans fin. Les autres, toujours les autres, et ici leur rôle prend son importance. Eux qui m'ont souri, poussé vers cette main, ce joint, ce carton, cette pastille, cette seringue. PRENDS ! Si seulement j'avais compris que je ne suis pas une paille qui aspire et rejette. J'ai pris pour vivre pleinement, mais je me suis vidée de tout le reste. Il n'y a plus que l'avant, l'après. L'avant est en voie de perdition, un vague souvenir dont mon cerveau refuse les bribes qui remontent, écho de la chose la plus insupportable au monde, savoir qu'on peut exister. L'après n'a pas de mesure, il est l'éternité, les moments — cette essence du temps — se succédant sans que j'en retienne l'éphémérité. J'ai bien envie de dire que je suis normale, douce, et aimable. J'ai bien envie de planer. Mais il y a le regard des enfants, dans les rues, partout, dans mes cauchemars, je pense. Que m'a-t-on volé ? C'est le seul miroir qui puisse exister. Pourquoi ont-ils peur de moi ? NON, Non, non... Pourquoi, moi, j'ai peur d'eux, peur de ces grandes vitrines encadrées de cils-papillon, peur du reflet, peur de moi ? – Je m'approche. En moi y'a un tout petit éclat de gosse qui se débat, hurle, me mord, supplie que je quitte la vie puisque je ne vis plus. Une plume légère qui est piquée dans mon coeur, coeur de pique, as de peur, une morsure profonde qui me force à être présente pour subir la torture. Pour que l'extase de la décadence me ravisse d'un sourire cynique ce qui m'est le plus cher, la pensée.

 Elisa H.

 

On ne sait jamais vraiment quand tout cela commence ; mais Stew, lui, s’en rappelle.

Il sent encore le parfum des orangers qui embaumaient les couloirs de cette maison qu’il aimait tant. Cette maison où il avait grandi et où ses sens s’étaient développés. Je veux bien sûr parler de ses sens humains ; ceux qui font que l’on se sent vivant, aimé, encore animé par une force intérieure qui nous pousse vers l’avant, ceux qui font de chaque jour, un concentré de surprises et de sentiments. Stew avait à présent perdu ces sens-là. Il était devenu un homme fade, fatigué presque anéanti.

Il ne sentait à présent que l’odeur fade et morbide de ce poison qui l’anéantissait de jour en jour. Sa vie était guidée par cette chose, cette drogue et cette envie incessante qui le rongeait paisiblement. Il se levait chaque matin, réveillé par son imagination et le bruit de la cigarette qui se consume tel un cœur qui s’éteint. Ce bruit retentissait en lui comme une sensation de coups vifs sur son corps nu.

C’était devenu un moment quotidien qui ne le quittait plus. Quand on parle de moments quotidiens, on pense à ces moments où l’on se réveille avec l’être aimé au fond du lit, et l’impression que le monde s’est arrêté de tourner, l’espace d’une minute.

Ces moments où l’on se sent vivant et fort avec le sentiment que rien ne peut vous arriver. Ces moments semblables à une journée d’été où l’on est allongé dans l’herbe, sentant le soleil qui tape et chauffe notre cœur.

Stew savait que ces moments, il ne les revivrait plus. Il savait que la mort était proche et qu’il devait s’y préparer.

Il savait qu’elle arrivait mais il ignorait ce moment. Etait-ce cela qui était le plus dur ? Sans doute…

La dernière journée de sa vie, il la passa avec sa famille. Il voulut jouer une dernière fois avec sa petite sœur dans le jardin. Il voulait manger avec ses parents ; pour rigoler, pour se rappeler les souvenirs de son enfance, pour regarder l’amour qui les unissait. Il passa trois heures à jouer au foot, à la poupée avec sa petite sœur, ne voyant pas sa mère pleurer dans la cuisine, elle qui savait inconsciemment que c’était la dernière fois qu’elle verrait ses enfants jouer ensemble. Elle essayait de se concentrer sur cette image pour ne pas pleurer devant eux.

Le soir venu, Stew alla se coucher, après avoir embrassé et serré dans ses bras, ses parents et sa sœur.

Dans son lit, les bons moments de sa vie défilaient dans son esprit à vive allure. Ces bons moments qu’il avait partagés avec les gens qu’il aime. Il sentit alors les larmes couler sur son visage maigre et triste.

Le lendemain, vers deux heures de l’après midi, il s’avançait dans ce couloir blanc qui dispensait une odeur de mort et de tristesse. Le silence pesant faisait mal à Stew, peut-être plus que sa maladie. Il voit passer des visages, des corps qui se gravent en lui comme de l’eau sur la roche. L’odeur le dégoûte. Ses mains tremblent. Ses yeux pleurent. Tout est détruit en lui ; il regarde ses proches une dernière fois, avant de les laisser.

Les questions se mélangent dans sa tête. Pourquoi moi ? Pourquoi suis-je obligé d’endurer ça ? Il n’y trouva jamais de réponse…

Pendant une heure et demie, les chirurgiens tentèrent de le sauver. Les coups d’électricité étaient de plus en plus forts sur son corps maigre. Stew ne pouvait pas pleurer, il n’existait plus.

Après des heures acharnées, le médecin se dirigea vers la famille.

Comment annoncer la mort d’un fils, d’un frère ? Comment annoncer la perte d’une partie de vous ?

 La famille effondrée vient d’apprendre la nouvelle. Dans cette petite pièce blanche du paradis, les gens sont assis attendant un coup qui leur permettrait de mourir. Ils ne savent plus comment marcher, comment avancer, comment vivre.

Ce jour triste viendra finir la vie d’un être humain, balayé par cette drogue. Cette drogue qui enlève des êtres chers partout dans le monde ; qui nous enlève nos parents, nos frères et sœurs ou nos êtres proches.

Et si ce jour-là n’était pas que chez les autres ? Si ce jour le plus triste de cette famille pouvait vous arriver ?

 Il est l’heure à présent de descendre dans ce sous-sol, à la morgue, pour un dernier adieu à leur fils.

 Le père se chargea de remplir les derniers papiers qui allaient définitivement enfouir la vie de son fils.

 Nous sommes le 25 mars, un garçon nommé Stew Mayers vient de mourir d’un cancer du poumon.

Il avait 15 ans.

 Aurélien CHALEIL

2010-2011

« Je m'appelle Sasha, autrefois  j'ai connu un garçon génial, Lowan, c'était comme un frère, jusqu'au jour où... »

On était dans la salle communale.  La chaleur était poisseuse, on étouffait. Les enfants criaient, les adultes parlaient d'une voix enjouée. Les personnes âgées grimaçaient un sourire,  pour montrer qu'elles entendaient quand on leur adressait la parole : c'était un mensonge. Le délégué culturel haussa la voix… Mesdames et Messieurs bonsoir, eh bien je voudrais tout d'abord excuser monsieur le maire qui a été retenu, contre son gré... C'était un mensonge. Il n'y avait pas de pot à la fin du spectacle d'où son absence... nous vous remercions du fond du cœur d'être si nombreux malgré le froid hivernal,  nous allons laisser place à la chorale sous de chaleureux applaudissements ...

Le Cœur des Cévennes était dirigé par Anne-Marie G. Les choristes entonnèrent un « Hallelujah » afin de s'échauffer. Au premier rang, il y avait un jeune homme assis. Il était brun, les yeux gris clair, le teint blafard. Au fond de la salle, debout près de la porte, il y avait une jeune fille. Elle était brune, les yeux sombres, le teint blafard ; c’était moi. Le chef de chorale marqua quatre temps et le spectacle démarra...

Oh nuit vient apporter à la terre

Le calme enchantement de ton mystère

L'ombre qui t'escorte est si douce

Si doux est le concert de tes doigts chantant l'espérance

Si grand est ton pouvoir transformant tout en rêve heureux.

...

  Plus que 35 minutes, mes doigts martelaient doucement la table. Je balayais la salle du regard.

Plus que 20 minutes, on se regardait tous, certains sortirent une carte de bus, prêts pour le signal.

Plus que 10 minutes, il n'y a plus d'affaire sur les tables, sauf Marie qui prenait encore des notes. Ma voisine me dit : « Tu manges avec nous? », je fis signe que « non » de la tête, ma mère m'attendait pour midi.

 La sonnerie retentit enfin, notre rapidité à évacuer la salle de cour était digne d'une alerte niveau 5 sur 6. J'avalai les escaliers quatre par quatre, me précipitai vers l'extérieur du lycée, j'avais remarqué ma mère dans notre voiture bleue, je courus, sautai dans la bagnole et ma mère démarra en trombe pour éviter les bouchons causés par les bus de midi.

          Arrivée chez moi, je reconnus ma meilleure amie, Pip, devant le portail bancal en aluminium vert que mon père avait placé la semaine dernière. Elle avait un bonnet en laine gris qu'avait dû faire sa mère, qui lui cachait le visage, je ne voyais que ses grands yeux verts et ses longs cheveux roux et raides. Elle s'appelait en réalité Philipa. Ces huit lettres prendront sûrement de l'importance quand elle sera vieille, mais aujourd'hui c'était au surnom de Pip qu'elle répondait. Ma mère n'aimait pas beaucoup la famille de Pip, c'étaient des gitans qui vivaient dans une immense caravane bleue et blanche. Toute la famille Santana alignait les caravanes le long du chemin de la Clède. Ma mère était sûre que cet endroit était le berceau des microbes du pays, à cause des chats et surtout des chiens, il y en avait une quinzaine ; les Santana nourrissaient tous les chiens affamés et blessés du village et des alentours. La mère de Pip cousait des centaines de bonnets, gilets, écharpes et châles, et les vendait sur le marché tous les mardis. Son père était le roi des gitans, peuple de l'eau, enfin aux yeux de Pip et des miens. Il avait un don inné pour l'harmonica. Quand j'étais petite, j'enviais Pip qui n'allait pas à l'école, je passais mes après-midi de vacances d'été chez les Santana ; ils étaient à une cinquantaine de mètres de la maison. Je parcourais la maigre distance qui me séparait de mon amie avec hâte car, enfant unique, j'étouffais de la constante surveillance de ma mère. Il nous portait, une à chaque bras, et nous faisait danser les soirs d'été,  là-haut perché, c'était un havre de paix, on riait car on était les reines du monde. Aujourd'hui il faisait beau et le froid était supportable.

Ma mère n'accorda aucun regard à Pip qui lui faisait son plus beau sourire, elle ouvrit le portail, longea l'allée et me dit sans prendre la peine de se retourner « Dépêche-toi, on a quelque chose à te dire ton père et moi. »  Puis elle rentra.  Pip et moi, on la regarda ouvrir la porte d'entrée et se glisser dans la maison.         

-  Ta mère a l'air de m'apprécier toujours autant dis donc.

-  Mouais, qu'est-ce que tu fais là ?

-  Je voulais savoir comment ça s'est passé la soirée chez Adrien...

-  C'était : …bof, tu sais tu n'as pas raté grand chose Pip. Et oublie là l'autre péteuse, je suis sure qu'Adri', il t'aurait invitée.

-  Arf c'est pas grave Sasha... je ne lui en veux pas. Au fait demain soir je t'invite, ma cousine vient habiter quelque temps chez nous alors on lui fait une petite fête.

-  Ok, j'avertirai mes parents. Bon j'y vais on m'attend, à demain Pip.

Je suivis du regard mon amie emmitouflée dans un anorak rouge jusqu'à l'angle de la rue. Le cœur en fête à l'idée de ma future soirée, j'entrai dans la maison. Je posai mon sac au pied de l'escalier et rejoignis mes parents dans la cuisine. Mon père était appuyé sur le passe-plat et ma mère se tenait droite près de la petite table de bois.

         «  - Sasha, on a une nouvelle triste, très triste à te dire commença prudemment mon père. Lowan a été percuté par un camion ce matin.

-  Oh mon Dieu !!! Non c'est pas vrai ! C'est grave ? Il a été transféré à l'hôpital ? Il a des fractures ?

-  Sasha, il est mort.»

Oh nuit, qu'il est profond ton silence

Quand les étoiles d'or scintillent dans les cieux

J'aime ton manteau radieux

Ton calme est infini ta splendeur est immense

Ton calme est infini, ta splendeur est immense.

...

  Mes oreilles bourdonnèrent, ma tête allait exploser, j'entendais à des kilomètres les mots de ma mère, « il est mort sur le coup... Liès a tout vu mais n'a rien pu faire... il était sous l'emprise de drogues ». Des larmes dévalèrent sur mes joues. Soudain je courus à l'étage et m'enfermai dans ma chambre. Ma mère pleurait elle aussi, elle voulut venir me consoler mais mon père lui dit « Non, laisse-la tranquille ». Là, enfin seule, je laissai libre cours à mon désespoir. L'atroce douleur irradia ma poitrine, la chambre me paraissait immense, recroquevillée au pied du lit, les mains plaquées sur  mes oreilles, les aidaient à vomir ces mots maudits. Je me balançais, et serrais ma tête très fort, afin de me concentrer sur la douleur et non sur ma peine.

  Lowan était mort. Mon frère de lait était mort. Je l'avais tué.

  Je ne me rappelle plus ce qui s'est passé cet après midi-là, seulement qu'après m'être enfermée dans ma chambre, j'avais hurlé fort et  longtemps. J'avais attrapé la fièvre, une fièvre qui se nourrissait de ma peine, mes parents m'avaient couchée et chaque fois que je m'éveillais je hurlais à nouveau. 

  J'avais tout imaginé sur ce que Lowan et moi serions une fois adulte, mais je n'avais jamais pensé qu'il ne serait plus là. Lowan avait trois semaines de plus que moi, mais dès ma naissance un lien très fort nous avait liés. Ma mère n'avait pas assez de lait pour me nourrir, alors la mère de Lowan avait proposé sa poitrine généreuse, ainsi nous partageâmes ce même lait, riche et gras. Souvent sa mère lui disait « C'est ta sœur de lait Lowan, tu dois la protéger ». Et on fut élevés comme frère et sœur, je grandis entre l'amour inconditionnel de mes parents à la maison, et les poings de Lowan qui me servait de rempart à l'école. Mais comme à chaque tableau il y avait une ombre à mon bonheur. C’était lorsque Lowan était en troisième, c'est là qu'il commença à changer. Il ne rigolait plus, et parlait à peine. Au début ses parents ont pensé que c'était une crise car Liès de deux ans son aîné avait été un peu pareil à son âge. Seulement, Lowan me paraissait de plus en plus froid, il ne suivait plus les cours, et parfois ne dormait pas chez lui. Au lycée, cela avait empiré, ses parents n'exerçaient plus aucune autorité sur lui,  il était distant et effacé, il ratait les cours, s'en moquait, il ne parlait jamais. Les traits de son visage angélique étaient plus durs, ses yeux étaient irrités, ses dents ne cessaient de grincer, ses cheveux étaient plus clairs et ternes, seul son teint opalescent et son nez un peu fort lui donnaient encore un air grave et doux.  

  L'enterrement  avait été magnifique, son cercueil était orné d'Amaryllis rouges et d'Asphodèles blanches. Le cortège derrière le cercueil avait été immense, il y avait eu des amis du lycée, de la famille, des gens que je ne connaissais pas, ma peine s'était un peu apaisée, j'avais même eu envie de rire ! Oui, rire car j'entendais Lowan me dire « Je suis sûr que tu ne pourrais pas faire mieux. » Le curé avait prononcé des absurdités, au retour à la maison j'étais épuisée, une fois encore je suis allée directement me coucher. Cette nuit là le vent souffla fort et la pluie martelait le toit, un caillou heurta mon volet et me réveilla. Je tremblais, ce son m'était familier. Il se répéta, alors je me tirai des couvertures et allai ouvrir mes volets sans faire le moindre bruit.

  Il n'y avait personne. C'était le vent et les branches. C'était pas Lowan.

  Depuis deux ans environ, il ne dormait pratiquement pas la nuit, donc il avait pris l'habitude de frapper au volet ou de lancer une pierre sur le mur de la maison pour me réveiller. Alors je descendais en chemise de nuit blanche, les cheveux détachés, pieds nus pour ne pas faire de bruit. Sans même me dire bonjour il m'ordonnait de m'asseoir dans l'herbe tendre, couverte de rosée et j'obéissais. Je lui obéissais toujours car il avait sur moi un pouvoir magnétique. Le jour, je ne le voyais plus alors j'aurais fait n'importe quoi pour le garder le plus longtemps possible la nuit. Il murmurait ses doutes comme si je n'existais pas, parfois il jouait des airs d'harmonica. Il lui arrivait de  chuchoter des phrases confuses, ses yeux étaient irrités, il tremblait, son regard était ailleurs. A ces moments-là, j'avais peur de lui, et j'avais peur pour lui. Il disait « non c'est merveilleux ici... c'est le paradis... regarde, irréel... tu sais qu'on soit  Saint ou Assassin … nos squelettes ont les mains blanches... Sasha tu ressembles à un ange... oui l'ange de moi… on est dans la tour des anges ».  Je regardais ainsi mon frère dépérir, sans avoir le courage de lui venir en aide, parfois il me fixait du regard sans bouger et pendant de longues minutes. Je savais qu'il prenait des substances aux effets étranges, de l'héroïne peut être. Toute sa vie se transformait en cauchemars, des « images de nuits » en plein jour et qui ne prenaient jamais fin. Mais je fermais doucement les paupières et oubliais ce qu'il était devenu, lorsqu'il venait me voir ce n'était plus le grand frère qu'il avait été, parfois il s'allongeait et me serrait la main, comme une algue qui s'accroche à un rocher. Alors puisqu'il se comportait en petit garçon, je devais me comporter comme une mère, être là et le veiller.

  Oh nuit oh laisse encore à la terre

Le calme enchantement de ton mystère

L'ombre qui t'escorte est si douce

Est-il une beauté aussi belle que le rêve

Est-il de vérité plus douce que l'espérance ?

 

Le quatrième jour de la mort de Lowan je décidai de retourner au lycée. Je croyais que le pire était derrière moi, mais j'allais enfin connaître l'enfer. Ce fut à la cantine, je portais mon plateau et cherchai désespérément une table de libre. Comme le réfectoire était bondé, je décidai de m'asseoir à côté d'un groupe de filles. Elles parlaient de l'accident de Lowan.

« - Il paraît qu'il était mort avant que le camion le percute, disait une grande blonde aux yeux noisettes.

-   Non ! J'suis sûre qu'il a fait une overdose, en plus ça serait pas la première fois, ajouta celle en face d'elle en gloussant

-  Il se droguait ??? s'exclama une petite brune

-  Oh nooooon Alex toujours !!! reprit la grande blonde, tu sais s'il lui manquait un bras c'est parce que les médecins ont dû lui amputer tellement il étais HS, pourri à cause des injections d'héro.

-  Il a pris l'autre bras hahaha !!! »

Elles partirent dans un fou rire déchirant, mes yeux s'emplirent à nouveau de larmes, je courus en dehors de la cantine, je sortis du lycée, je courus dans les rues, courus à perdre haleine, leurs rires me poursuivaient, elles avaient raison mais elles n'avaient pas le droit de dire ça, d'en rire. J'ai couru jusqu'à ce que mes pieds ne puissent plus me porter, jusqu'à ce que mes jambes se dérobent sous mon poids. Quand je m'arrêtai enfin je me rendis compte que j'étais en face de la rue où Lowan perdait ses heures et consumait sa vie. J'étais dans Le Quartier des Anges, un homme donnait des coups de pied dans une boite de conserve, une femme aux habits tape-à-l'œil et relativement court balayait une partie du trottoir comme pour marquer son territoire. Ce devait être la « dame de nuit » dont me parlait Lowan lors de ses visites nocturnes. Je restais plantée là, lorsqu'une main me pressa le bras, je sursautai me retournai vivement prête à courir à nouveau s'il le fallait.

« - hé, p'tite, t'es pas Sasha ? La fille du toubib non ? Me demanda un jeune homme d'une trentaine d'années.

-  Euh... Non, je m'appelle Marie dis-je en mentant.

-  Hé on rigole pas ac' Zack ! Hé détends-toi je suis un ami de Lowan, qu'est-ce que tu fous ici ? C'est pas un endroit pour toi ici, fous le camp.

-  Zack c'est vous ?

-  Oui, et alors ? »

Lowan m'avait parlé d'un certain Zack, un gars qui lui procurait ses doses d'héroïnes. C'était son distributeur de bonheur comme il disait. Il était grand, maigre et mal rasé. Une odeur nauséeuse émanait de lui.

« - T'attends le dégel ou quoi ? Fiche le camp je t'ai dit.

-  Non. Je veux rester ici.

- & Ok, mais si tu m'emmerdes j'te tue. »

Je m'assis par terre et me mis à réfléchir longtemps, les heures défilaient et je réfléchissais toujours. La nuit s'était installée. Je crois que j'ai pleuré trois fois.

Depuis que Lowan était mort je ne regardais plus le monde de la même façon. La routine rythmait nos vies, c'était elle qui faisait sonner notre réveil chaque matin, et nous faisait faire toutes sortes de choses prévues, sans surprise. Le baiser du soleil brûlait. L'eau des nuages glaçait. Les voitures déambulaient dans les rues dans un vrombissement monotone. Dans toute cette misère humaine et ce machinisme infernal, un petit garçon se faisait enterrer, dans un cercueil blanc. Ce petit homme n'était rien face aux huit milliards d'humains qu'il y avait sur terre, pourtant il était la vie d'un homme, le seul devant sa tombe. J'avais envie de me détruire, pour m'aveugler devant ce monde qui m'écœurait. Pourquoi il fallait toujours se battre, lutter contre la vie comme si c'était banal, ne pourrais-je pas  exister ? Juste exister ? 

Je me posais ces questions lorsque Zack réapparut, alors je n'ai pas hésité, par folie ou par fatigue je me suis jetée à ses genoux et en sueur je l'ai supplié.

« - S'il te plait laisse-moi essayer une fois, juste une fois. Je veux tout oublier me sentir calme et apaisée, je te paierai je te le promets.

-        Non, désolé, j'fais pas ça pour toi, juste en mémoire de Lowan, j'l'aimais bien ce gars, il avait un souci dans la cabosse mais il était un bon client, il a toujours été réglo, en plus t’as rien à oublier toi, t'as t'jours eu c'que t’as voulu j'suis sûr ! 

-        NON, moi aussi j'ai des problèmes, je me mis à pleurer, quoi ? C'est parce qu'il ne m'est rien arrivé de hard que j'ai pas le droit de souffrir, d'être consolée moi aussi ?! Tu la fermes et donne m’en. 

-        Bon, je vais voir ce que je peux faire mais c'est soixante-dix euros. »

Je remerciai la providence d'être à la période de Noël, là où je traînais avec une centaine d'euros en poche pour acheter quelques cadeaux pour la famille. Je lui tendis la somme, il l’a prise, maugréa quelque chose puis s'en alla.

  Mon corps tremblait de fatigue, j'avais froid et j'étais triste. Je claquais des dents, il était 4h du matin, cela faisait 2h que Zack était parti. Je voulais que tout s'arrête, j'étais assise  le cul mouillé sur le goudron, je me protégeais du vent glacial plaquée contre une poubelle, un vieux lampadaire m'éclairait. « L'ami de Lowan » m'avait dit de ne pas bouger d'ici, qu'il allait voir ce qu'il pouvait faire, j'allais enfin essayer ce qui avait tué Lowan. As-tu voulu t'arrêter Lowan ? Cela me tuera-t-il moi aussi ? Peu importe, je ne regrettais rien, et je n'avais pas peur de mourir. Je souhaitais juste que l'atroce douleur qui me submergeait s'arrête, je voulais arrêter de souffrir maintenant, de suite. Je voulais faire comme Lowan, savoir ce qu'il lui avait trouvé à cette drogue de plus qu'à nous, quelle était la différence. L'étrange ami revint, il était accompagné, il me paraissait flou.

« - Sasha, il y a quelqu'un qui veut te voir.

-  Salut Sasha, tu me reconnais ? C'est moi, Liès, le frère de Lowan ! Sasha ! Réponds-moi ! »

Il  me pressait le bras, il  parlait doucement, sa voix était calme.

  « - Sasha écoute-moi, t'es une fille bien, ici c'est pas fait pour toi, il faut que tu ries, que tu pleures, que tu aies un travail, que tu aimes, que tu danses, que tu pries, que tu aies des enfants, et des rides, un dos courbé et une canne. Sasha tu m'entends ? Lowan n'a pas pu faire ce que tu peux encore faire, alors fais-le pour lui Sasha, vis pour vous deux. Allez Sasha t'es pas une droguée, et tu veux pas le devenir, t'es juste triste, viens je vais te ramener chez toi. »

 Liès me souleva et m'emmena jusque dans sa voiture. Je me laissais faire, j'étais épuisée, une automate. Il me ramena chez mes parents qui pendant ce temps avaient alerté la police de ma disparition. Le lendemain, ma mère me dit que Liès avait appelé pour s'enquérir de mes nouvelles. La soirée que j'avais passée me revint en un dixième de seconde. Simplement la douleur qui s'était agrippée à mon cœur était partie.

  Le soir même vers 7 heures, mes parents et moi nous allâmes écouter chanter une chorale. En rentrant dans la petite salle je reconnus Liès au premier rang entouré de ses parents, il tenait la main de sa mère. La nuit de Rameau me rappela Lowan, mais ce souvenir ne me brûlait pas. Le chant était calme et serein. Vers la fin du chant, je longeai la salle, m'arrêtai devant la porte pour écouter le dernier couplet rempli d'espoir de la chorale.

Oh nuit toi qui fais naître les songes

Calme le malheureux qui souffre en son réduit

Soit compatissante pour lui

Prolonge son sommeil, prends pitié de sa peine

Dissipe la douleur, nuit limpide et sereine 

Maintenant, je savais que je ferais ton deuil Lowan. Tu as été un garçon formidable et un jour tu as eu un problème, que personne ne saura car personne ne t'a écouté. Tu as détruit ta vie, marqué au fer rouge la nôtre, tu nous as rendus coupables de ta mort. C'est comme ça, il y a des choses que l'on peut réparer et d'autres pas, il faut vivre avec. Mon Lowan. Je ne t'ai pas écouté, mais à présent je sais que je ne suis pas responsable de ta mort. J'avais besoin de prendre un grand bol d'air frais, et de tourner la page. Dès la rentrée je partirai dans une autre ville, ou un autre pays, afin de prendre un nouveau départ. Je prie pour que tu ne sois plus tourmenté à présent, Un jour, je reviendrai sur ta tombe Lowan, je me mettrai à genoux, et pour réchauffer mon cœur je te réciterai un  Ave Maria.

A. C.

 

 

  J’ai d’abord commencé après avoir observé plusieurs personnalités que je chéris énormément, notamment Gainsbourg, Jim Morrison et quelques autres grands jazzmen qui, une fois munis de ce « plus », se transformaient.

  Les campagnes de prévention sont maintenant présentes dans tous lieux de passages et par tous les moyens de communications. Le bus, le métro, les taxis, la rue, au cinéma, à la télé, dans les journaux, à la radio… Il m’est impossible de sortir sans me dire que c’est peut-être cela qui me tuera. Mais, après une bouffée d’air citadine, je me raisonne et je me dis que d’autres choses me tueront certainement avant. Et puis, quels que soient aujourd’hui les plaisirs dans la vie ?... Ils sont tellement limités, que la solution est de se réfugier dans cette soit disant impasse.

 « Jamais je n’y toucherai » avais-je naïvement déclaré à mes parents six ans plus tôt. Leur seule réponse fut :

 « Une fois que tu es avec les copains, tu es embarqué et puis tout le monde est passé par là. »

  Trouvant cette réponse moins pertinente à ce que, du haut de mes dix ans, je m’attendais, je restais sur ma position.

  Mais la sagesse parentale leur a donné raison, et je ne suis pas aujourd’hui la personne que le petit enfant rêvait d’être. Des fois, ce petit enfant se réveille et me crie :

 « Regarde-toi, est-ce vraiment ce que tu voulais ? »

  Jamais je n’ai osé lui répondre.

  Sa visite devient de moins en moins fréquente et je me surprends de temps en temps à l’oublier. Je me dis qu’un jour viendra où il disparaîtra à jamais. Je sais que ce jour est proche mais il sera certainement trop tard le moment où j’en prendrai conscience. Ma vie aura alors perdu toute la vision enfantine que je pouvais en avoir et tout le recul face à la bêtise de l’homme accompli que je pouvais adopter lorsqu’il était encore là. C’est à ce moment de mon existence que la société me considèrera comme un homme mature et prêt à affronter tous les aléas de la vie.

  La cigarette, voilà donc un des « plus » qui permet d’entrer dans le monde de l’homme adulte et de quitter l’enfance plus rapidement.

  Ainsi, les adultes, une fois qu’ils abordent le sujet à propos de leurs amis qui ont essayé en vain d’arrêter cette accoutumance, s’énervent et divergent sur les méthodes plus ou moins efficaces pour stopper ce calvaire qui creuse profondément leur salaire :

- Les chewing-gum à la nicotine sont très efficaces, j’ai d’ailleurs une amie qui…

- Non, ce qui marche le mieux ce sont les patchs…

- Je pense, moi, que c’est dans la tête. Si on veut arrêter, on arrête.

  La troisième hypothèse est certainement la plus juste. Si l’on s’y réfère, l’addiction est alors uniquement psychologique. Il ne faut donc aucun composant artificiel pour être addicte à quelque chose, il faut juste que l’on soit poussé mentalement à le devenir. Il existe bien sûr certaines drogues pour lesquelles un manque serait fatal mais, pour la majorité des addictions, le facteur est psychologique.

  Mes addictions ne me font pas oublier que le petit enfant n’aurait pas approuvé : que je sois la victime de ces « plus » montés de toute pièce par la société de consommation.

  Il a perdu et la société a gagné.

  Anonyme

 

 

Meredith à 4 ans. Elle se lève une nuit et va dans le salon. Il est tard, mais la lumière y est encore allumée. L'ordinateur l'est aussi. Elle voit sa mère sur le canapé, assise, la tête contre les genoux, elle ne bouge pas.

Meredith essaie de la réveiller. En vain.

- Maman, Maman, il faut aller dormir !

La petite fille secoue sa mère qui ne réagit pas. Elle sort alors de chez elle et va sonner à la porte voisine, chez ses « Baby-sitters » lorsque sa mère travaille.

Ils répondent et Meredith explique que sa maman ne veut pas se réveiller. Ils lui disent de rentrer chez eux, qu'ils vont aller régler ça.

«Ta Maman était juste très Fatiguée »

 

Meredith à 7 ans. Elle a déménagé avec sa mère dans un autre village, le même que ses grands parents.

Elle est assise à la table de la cuisine, et dîne, seule. Comme souvent.

Elle essaye de parler à sa mère, mais celle-ci ne lui répond pas. Elle est trop absorbée par son ordinateur et ses conversations instantanées avec d'autres personnes.

Meredith pleure silencieusement en disant à son chien « Si je reste en vie c'est parce que tu es là »

 

Meredith à 9 ans. Jeune encore, elle ne comprend pas ce qui se passe, mais elle sait que les disputes qu'elle endure trop souvent ne sont pas méritées.

Elle se lève une nuit, vers 3h, et comme 5 ans auparavant, tente de réveiller sa mère pour que celle-ci aille se coucher dans un lit et pas sur le fauteuil d'ordinateur.

- Oui, oui, j'monte...

La voix de sa mère est brouillée, indistincte. Meredith décide de remonter se coucher. Une heure plus tard, même scénario, et toutes les heures de la nuit ensuite. Mais sa mère dort toujours sur son maudit fauteuil, la tête sur le bureau.

A 8h, Meredith se prépare pour l'école. A 8h05, sa mère se réveille.

- NON MAIS TU AS VU L'HEURE ? TU N'AURAIS PAS PU ME REVEILLER UN PEU PLUS TÔT NON ? Je vais être en retard à cause de toi !

 

Meredith à 10 ans. Elle est maintenant au collège. Elle comprend plus de choses. Elle comprend que la bouteille sur le rebord de l'évier se vide trop rapidement chaque soir.

Sa mère prend la décision de retrouver le père de Meredith, absent depuis la naissance de cette dernière.

 

 Meredith à 11 ans. Elle est chez ses grands parents, qui règlent des problèmes de papiers bénins avec sa mère. Sa grand-mère agresse alors sa fille, menace de la tuer avec un couteau. Meredith assiste à cela, et avant d'aller chercher de l'aide auprès de son grand-père, elle entend bien distinctement : « j'aimerais que tu arrêtes de boire ! »

 

Meredith à 14 ans. Pendant ses 4 années de collège, arrive souvent au collège le matin, ou on lui demande « ça va ? » et où elle se met à pleurer, parce qu'elle n'arrive pas à répondre « oui ».

Un soir, elle rentre chez elle après les cours. Elle frappe à la porte qui est fermée à clé de l'intérieur, mais sa mère ne répond pas. Elle frappe, frappe, puis téléphone au fixe de la maison via son portable. Pas de réponse. Pourtant sa mère est bien dans la maison...

Elle s'inquiète, appelle son père, qui se charge d'appeler les pompiers. Elle court ensuite chez une amie proche, qui vient avec elle retenter de frapper à la porte. Les pompiers arrivent, défoncent la porte.

La mère de Meredith est là. Le bruit de la porte l'a réveillée. Les pompiers l'emmènent, et demandent à Meredith de loger chez son amie.

Elle y logera alors plusieurs jours, car sa mère ne voudra plus la voir, pour cause d'avoir prévenu les pompiers.

 

 

 Meredith à 15 ans, elle est au lycée et en internat. Les problèmes familiaux l'empêchent de travailler, elle redouble sa seconde. Elle tombe amoureuse d'un garçon, avec qui elle se sent bien, heureuse. Enfin heureuse.

Au début de sa 2ème  seconde, sa mère va de moins en moins bien. Peut être ne supporte-t-elle pas de voir sa fille heureuse, alors qu'elle non.  Un soir, une grosse dispute intervient. Meredith voit sa mère prendre des médicaments, trop de médicaments.

Elle appelle les pompiers, une nouvelle fois. « Ma mère a fait une tentative de suicide ».

Sa voix reste très calme lorsqu'elle donne les explications. Son père et son psy lui diront plus tard, qu'elle s'était comportée comme une infirmière plutôt que comme une adolescente venant de voir une tentative de suicide.

Lorsque Meredith voit sa mère se faire embarquer par les pompiers, elle l'entend lui dire : « Tu vois, tu as gagné. »

 

Après cela, sa mère est hospitalisée un peu plus d'un mois. Elle a un suivi psychiatrique, et ne boit plus, pendant 5 mois.

Mais un soir comme ça, sans raison spéciale, elle l'appelle et entend cette voix qu'elle n'avait pas entendu depuis longtemps, cette voix brouillée et indistincte.

Meredith est en larmes, silencieusement.

Elle dira ensuite à son petit ami : « Tu sais, j'avais oublié comment ça faisait mal de l'entendre comme ça. »

 

Meredith vient d'avoir 17 ans. Sa mère ne boit que très rarement et à trouvé un travail depuis un an. Tout allait bien...

L'homme qu'elle aime la quitte subitement, en lui donnant comme raison qu'elle est trop méchante avec lui. Trop méchante...

Meredith va mal, elle voit son monde s'écrouler. Sa mère essaie de l'aider. Mais le lendemain de sa rupture, sa mère a bu, et une dispute éclate...

« Tu sais c'est normal qu'il t'ait quittée, tu es horrible avec tout le monde. »

 

 

Meredith va mal. Elle vient de perdre la seule personne qui la tenait en vie. Elle était devenue bonne élève, ne buvait pas, ne fumait pas, ne se droguait pas, ne posait pas de problèmes.

Pourtant on arrivait encore à lui faire mal.

Tellement mal qu'elle avait cette horrible envie de mourir. Le monde la dégoûtait. On lui disait que la drogue ou l'alcool, ces addictions, permettaient de se détendre lorsque ça n'allait pas. Mais comment aurait-elle pu se mettre à boire, alors que c'était l'une des principales causes de son malheur...

 

Voilà les principales anecdotes dont se souvient Meredith, toutes causées par une addiction à l'alcool.

Elle comprend que sa mère ne va pas bien, qu'elle a besoin de ça, peut être pour avoir un semblant de bonheur quelques soirs.

Evidemment, Meredith adore sa mère, lorsque celle-ci va bien.

 

Anonyme

 

 

 

 

 Journal d'un mort.

 Mon nom était Maxime, né le 13 Juin 1990 à Alès. J'habitais 115 rue du Dr Calmette. Ma mère était infirmière, mon père technicien. Je n'avais aucun frère et sœur mais j'avais un chat. Je mesurais 1m78, pesais 70 kg. J'étais du groupe sanguin O+. Mon Q.I. était estimé à 115. Je suivais une première E.S. au Lycée J.-B. Dumas. Je possédais cinq doigts à chaque main, deux yeux, un nez et une bouche.

 Tout allait bien, tout a toujours bien été. Je n'ai jamais eu à me plaindre de quoique ce soit, si ce n'est de moi-même.

 J'ai vécu une enfance heureuse, un peu trop même, bercée de rêves et de couleurs. Le problème quand on vit dans l'utopie de l'innocence, est que le jour où on nous arrache à notre monde pour nous amener dans la réalité, la chute est inévitable.

 Les plus résistants se relèvent rapidement sans plus de quelques égratignures et prennent leurs marques sur ce nouveau territoire.

 Les plus courageux arrivent à mettre leurs blessures de côté et se forcent à s'ouvrir à leur nouvelle vie.

 Et moi qui ne suis rien de tout cela, je restai là, brisé, à ne plus oser faire un pas de plus. Je vécus deux ans dans l'ombre de mon ombre. Frustré dans mes idées, frustré dans mon identité, je n'étais qu'un adolescent en détresse, un parmi des milliers.

 C'est à ce moment que ma vie a pris un tournant différent. Elle. Cela faisait quelques temps que je l'observais en gardant mes distances. Je ressentais envers Elle une fascination, une attirance que je ne pouvais expliquer.

 Ce soir là, je ne me suis pas contenté de l'observer, je l'ai rencontrée pour de vrai. Premier contact, premier baiser, premier envol. Pour la première fois depuis deux ans je me sentais revivre, je retrouvais mes rêves endormis de l'enfance, je me sentais fort.

 Évidemment je n'ai pas voulu m'arrêter là. On a recommencé, une fois, deux fois, des dizaines de fois... Cette sensation de plénitude, d'immortalité, un voyage au sein même de l'essence du fantasme. Elle seule pouvait m'offrir cela.

 Comme tout amant, je ressentais le besoin de la posséder, de l'avoir toujours à mes côtés, plus question de partager ! Je me suis alors mis à m'enfermer avec Elle, nous avons passé de nombreuses nuits faites d'étreintes légères et passionnelles. Je l'aimais de plus en plus, pas un jour ne passait sans que sa pensée m'accompagne et me porte à travers les contraintes de la vie.

 J'ai vécu grâce à Elle des moments inoubliables, que j'ai pourtant oubliés. Dans ce monde où seul l'avenir compte, Elle m'offrait le présent sur un plateau en me faisant contempler le passé.

 Et quel drame, ô misère ! Quand Elle me délaissait, quand je ne ressentais pas sa dangereuse caresse en moi. Un vide prenait sa place, déchirant, me labourant le corps, l'âme. Un cauchemar. Elle seule savait le faire fuir.

 Le plaisir qui m'animait lors de sa blessure mortelle dans mes poumons, dans mes veines, puis dans mon cœur me comblait, plus rien d'autre ne comptait. Elle me donna sa foi, je lui offris ma vie.

 Quoi de plus brûlant, de plus saisissant que la flamme d'un amour mortel qui vous consume, vous use, vous dévore jusqu'aux portes de la mort ?

 Nous étions Elle et moi dans le plus beau rêve que je n'avais jamais fait, tellement vrai qu'il en devenait le plus faux.

 Ce matin là, je la désirais tellement que je m'en emplis le corps, le cœur jusqu'à ce qu'il explose. Froid. Je suis mort, ou plutôt ce qui restait de moi est mort : mon obsession n'est plus.

 Alors j'ai ouvert les yeux, et j'ai vu. La vie que je pensais ressentir à son contact n'était qu'un cheminement vers la mort. A force de remonter mon passé, Elle m'a mené avant ma naissance. Elle m'a tué sans m'avoir laissé vivre. Me voilà mort, plus vivant que je ne l'ai été vivant. La vie c'est l'avenir, celui que j'ai refusé. J'ai refusé de vivre et me voilà mort, remords. Je suis lâche, j'ai fui alors qu'elle couvrait mes arrières. Elle. Ce poison, je la hais autant qu'un mort peut encore haïr. Elle qui vous fait les yeux doux et vous emprisonne dans les murs de votre esprit. Elle qui donne vie au rêve et tue la réalité. Elle qui devient votre air, qui devient votre sang. Elle qui absorbe tout ce qu'il peut y avoir d'humain en vous. Elle que j'ai aimée. Elle qui m'a tué, qui tue et qui tuera encore. Elle qui cherche en ce moment une nouvelle proie, quelqu'un qui s'offrira à son rêve. Elle et peut-être bientôt vous.

  

Clara

 

 

 

La drogue

 

Quelqu'un t'as promis le bonheur

Tu te sens sur un nuage pour quelques heures

 

Tu pars, tu t'envoles

Mais t'atteins vite le sol

 

Tes rêves sont devenus illusoires

Tu ne peux plus y croire

 

Tu étais stressé, tourmenté,

Tu ne savais pas quoi faire

 

Tu es revenu de loin

Tu as raté ton destin

Tu n'es plus rien

 

Après une overdose, tu es reparti

On te reverra plus tu t'es endormi

Maintenant tout est fini

 

Personne ne s'en est aperçu

Mais cette histoire vaut-elle la peine d'être vécue ?

 

Maeva

 

 

Le chocolat

 

 

Tendre ou croquant,

fondant ou moussant,

de toi je ne peux me passer,

oh ! Délicieux plaisir sucré.

 

De couleur brune, noire ou blanche,

le goût est toujours enivrant.

Glacé, fourré ou noisette,

tu nous fais souvent perdre la tête.

 

Comment résister à cette tentation ?

Tu es devenu pour moi une obsession...

Mais tu es bien plus qu'une friandise,

doux plaisir à saveur exquise.

 

Mais attention à la prise de poids,

même le ventre a ses lois.

La balance s'affole et cris de désespoir,

il est temps pour moi de te dire au revoir.

Anonyme

 

 

 

 

L'addiction à la sexualité

 

« Anna pénétra dans la salle d'attente. L'immense plafond voûté, les murs jaunâtres ajoutaient un air dramatique à la situation dans laquelle elle se trouvait. Quelques personnes étaient assises sur des chaises et d'autres se tenaient debout en feuilletant des magazines. Anna s'installa sur un fauteuil et essuya ses mains moites sur son jean. Ce rendez-vous la stressait. C'était une amie à elle qui lui avait conseillé de faire ça. Au début, elle n'avait pas été très convaincue puis, finalement, elle s'était décidée à parler de son problème à un psychologue.

Une secrétaire arriva et griffonna quelque chose sur son carnet avant de demander :

- « Mlle Khoury ?

Anna se leva en entendant son nom.

- Oui ?

- Suivez-moi, dit la secrétaire. Le docteur Armand vous attend ». Anna suivit la jeune femme et elles traversèrent un long couloir aux murs marron écaillés par endroits. Quand elles arrivèrent devant la porte, la secrétaire toqua, ouvrit et informa le docteur que sa patiente était arrivée.

- Bonjour, Mlle Khoury, dit le docteur en serrant la main d'Anna.

- Bonjour, répondit-elle, timidement.

Elle s'était attendue à ce que le docteur soit un vieux monsieur aux cheveux grisonnants, mais le docteur était finalement jeune et très très séduisant. Elle ne savait pas si c'était une bonne idée de se confier à lui maintenant qu'elle savait à quoi il ressemblait. « oh ! Non... » Pensa-t-elle.

- Installez-vous sur le fauteuil, lui dit-il en s'asseyant en face d'elle. Il nota quelque chose sur son carnet et croisa les jambes. « Alors mademoiselle, commença-t-il. Vous voulez bien expliquer quel est votre problème ? »

Anna hésita.

- « Euh... Je ne sais pas trop comment vous expliquer ça.

- Vous êtes stressée, remarqua-t-il. Détendez-vous et ne vous inquiétez pas : tout ce qui se dira dans cette pièce n'en sortira pas.

- Eh bien... Hésita-t-elle. J'ai un problème qui persiste depuis un moment déjà...

- Quel est ce problème ?

- Je... Je suis... J'ai une addiction... À la sexualité.

Le docteur ouvrit de grands yeux, surpris. Il ne s'attendait pas à cela. Il se passa une main dans les cheveux.

- Et... en quoi cela est-il un problème ? Demanda-t-il. Je veux dire, il n'y a pas de mal à cela ?

- Si, je n'en peux plus, déclara Anna. Il y a des moments où cette dépendance m'agace beaucoup... Je ne sais plus quoi faire, docteur.

L'homme se frotta pensivement le menton.

- Ecoutez, commença-t-il. Il n'y a pas à avoir honte de dire ce que vous pensez vraiment de la sexualité, mademoiselle. Faire l'amour est un acte tout à fait naturel.

- Oui... je sais bien mais... ce n'est pas... mal ?

- Pas du tout. Pourquoi, ça devrait l'être ?

- Eh bien... Je ne sais pas. Une femme adepte du sexe est mal vue par la société. Les hommes sont plus libres sur ce sujet.

- Cela dépend. Vous n'allez pas le crier sur tous les toits ?

- Oh, non ! S'écria-t-elle. Bien sûr que non. J'en ai parlé à une amie de confiance. Je sais qu'elle n'ira pas le répéter. C'est d'ailleurs elle qui m'a conseillé d'aller me confier à un psychologue.

- Effectivement, approuva le docteur. Si cela devenait difficile pour vous, il fallait vous confier à quelqu'un. On se sent parfois mieux quand on parle de ces problèmes. Mais, dites-moi, vous êtes accro. jusqu'à quel point ?

Anna se tortilla dans son fauteuil.

- Euh... jusqu'au point de... Écoutez, c'est un petit peu personnel...

- Vous n'oubliez pas de vous protéger ?

- Non.

- Dans ce cas, vous n'avez aucun souci à vous faire.

- « Aucun souci » ?! S'exclama Anna. J'aimerais être quelqu'un de normal !

- Mais vous êtes quelqu'un de normal ! Depuis quand faire l'amour est un crime? C'est la plus belle chose qu'ait créée Dieu. La sexualité est là depuis le commencement du monde : chaque être vivant comprend pourquoi et comment ils doivent s'accoupler. Ne serait-ce que pour goûter aux délices de la chair ou pour se reproduire. Le gouvernement peut nous interdire de fumer dans les lieux publics, de conduire en état d'ivresse, mais il ne nous empêchera jamais de faire l'amour. Tout le monde a besoin de faire l'amour. C'est un besoin. Après, il y a ceux qui, comme vous, ne peuvent se passer de cela et ressentent un besoin maladif de jouir de ce plaisir charnel. Prenez l'exemple d'Adam et Eve : ils sont tous deux la preuve que l'humain, depuis la nuit des temps, ressent ce besoin de pouvoir accéder à ce moment d'extase. Et puis, si les gens aiment tant le sexe, c'est qu'ils ressentent du plaisir, non ? Alors, après cela, osez encore dire que le sexe est quelque chose de mal !

- Il est vrai que, vu comme ça, ce n'est pas si terrible...

- Vous voyez ?

- Oui, mais... Vous croyez que ça passera un jour ?

- Ca dépend. Quand vous vous marierez, que vous aurez des enfants, je pense que cela passera... Moi, je ne suis pas marié. A mon avis vous êtes en manque d'affection. Je me trompe ?

- Non. Cela fait quatre ans que je ne suis pas sorti avec un homme. Je n'ai eu que des relations épisodiques.

- Essayez, dans ce cas, de trouver un homme qui vous correspond. Vous êtes une femme belle et pleine de vie. Ne laissez pas un petit inconvénient gâché votre bonheur.

- Vous avez raison. Merci, docteur. »

Anna se leva et le docteur la raccompagna à la porte. Ils se serrèrent la main.

- « J'espère vous avoir remonté le moral, dit le docteur. N'hésitez pas à revenir. Si je peux vous aider, je le ferai volontiers.

- Vraiment ? ! S'écria Anna.

- Eh bien, oui.

- Oh ! Dans ce cas... Vous êtes libre ce soir ? »

 

 Anonyme

 

 

 

La drogue

 

A chaque fois tout me revient d'un seul coup. Comme ces rêves dont il ne vous reste que des bribes au réveil. Sauf que là, c'était un cauchemar...

Cette année, je suis rentrée en seconde. Le lycée, la liberté de l'ado. Pas comme aux collèges où le moindre de vos mouvements est contrôlé. Le problème, c'est que la liberté a un prix et qu'il ne faut jamais en abuser. Et cette année-là, j'ai abusé...

Dans ma classe, il y avait une fille, un peu déconnectée de la réalité et dans son monde. Elle s'appelait Mandy et je l'aimais bien. Pourtant, quand je l'ai présentée à Élie, qui est ma meilleure amie depuis l'école primaire, le courant n'est pas passé entre les deux. C'est vrai qu'elles ont des caractères bien opposés : Mandy est plutôt tête en l'air, ne pense qu'à profiter de la vie et s'amuser en ignorant les conséquences. Quant à Élie, elle est sérieuse, sage, responsable, élève modèle... Et bien qu'étant un peu naïve et rêveuse, je lui ressemble assez.

Le temps passait et Mandy et moi étions de plus en plus proches. D'ailleurs ça ne plaisait pas à Elie que je voyais assez rarement vu que nous n'étions pas dans la même classe. Les deux se détestaient toujours autant d'ailleurs. Je pouvais vous dire que quand l'une n'était pas là, l'autre s'en donnait à coeur joie pour l'insulter ! Moi, je n'y prêtais guère attention, je ne pouvais rien faire de toute manière. Pendant un moment, j'ai trouvé Mandy bizarre. Elle n'a jamais été très sérieuse, mais elle arrivait régulièrement en cours les yeux rouges et à chaque mot que je disais, elle se mettait à s'esclaffer bêtement. Je ne savais pas ce qui lui prenait mais son comportement me faisait rire mon tour. D'ailleurs, les profs nous punissaient souvent à cause de cela. Au début, cela me gênait. Après, je m'en fichais. Où était le mal ? Mandy me disait fréquemment : « je te ferai essayer un jour, tu verras. » Me faire essayer quoi ? Je ne comprenais pas et à chaque fois que je lui demandais, elle me fixait d'un regard vide, repartait dans son délire et moi, sans comprendre, je me remettais à rire avec elle. Quant à Elie, cela faisait quelques jours qu'elle me disait que Mandy était une mauvaise fréquentation, que je devrais éviter de traîner avec elle. Elle me disait qu'elle avait entendu dire que Mandy se droguait et qu'elle ne tarderait pas à m'emporter dans son manège infernal. N'importe quoi ! Mandy ne se drogue pas ! Et puis si de la drogue circulait dans le lycée, ça se saurait et l'administration prendrait cela en charge ! Et puis Mandy n'était pas assez bête pour se droguer ! Moi non plus d'ailleurs ! Elie a voulu que je lui promettre de ne jamais y toucher. Je lui ai promis. De toute façon, s'il y a bien quelque chose à quoi je ne toucherai jamais c'est bien ça ! Enfin, c'est ce que je pensais avant...

En effet, environ deux semaines plus tard, Mandy m'a emmenée dans un coin du lycée où personne ne va. Je n'étais encore jamais venue dans cet endroit sombre. On avait séché le cours d'anglais. Ce n'était pas grave, ce n'était qu'une petite heure d'anglais. Mandy m'a dit que je ne le regretterais pas. Il n'empêche que je n'avais encore jamais séché un cours. Bref, dans ce coin, Mandy m'a présentée à deux de ses amies, Laetitia et Cécile. Au premier coup d'oeil, elles ne m'ont pas inspiré confiance mais nous avons par la suite tissé très vite un lien d'amitié. Nous attendions Charlie, un ami de Mandy. Il est arrivé au bout d'un quart d'heure environ. Il avait une dégaine assez bizarre et tenait un sachet blanc dans la main. Cela m’avait étonnée qu'il soit si vieux pour être admis avec Mandy car même si elle avait un an de plus que moi, lui devait avoir une vingtaine d'années au moins. Quand Mandy l’a vu, elle a voulu lui prendre le sachet des mains. Il l'a repoussée et lui a demandé de payer avant. Je n'ai pas vraiment compris sur le coup. Mandy m'a demandé de rester là avec Laetitia et Cécile pendant qu'elle se dirigeait vers le parking des profs avec Charlie. J'avais un peu peur mais bon... Quelques minutes plus tard, Mandy est revenue avec le sachet mais Charlie était apparemment parti. Laetitia et Cécile, toutes excitées, se sont précipitées sur elle. Mandy leur fit signe d'attendre et sortit du sac une petite feuille de papier toute fine ainsi qu'une boîte en fer un peu rouillée. Elle ouvrit la boîte. À l'intérieur, il y avait une herbe un peu marron. Sur le coup, j'ai cru que c'était du tabac mais j'ai compris par la suite qu'il s'agissait d'une toute autre substance. Mandy mit une forte dose dans la feuille de papier qu'elle s'empressa d'enrouler soigneusement. Elle porta ensuite ce que je croyais être une simple cigarette à la bouche et Cécile sortit un briquet de sa poche. Elle l'éclaira et approcha la flamme du bout de la feuille enroulée d'où dépassaient quelques brins d'herbe. Dès lors, une légère fumée s'échappa de l'extrémité. Mandy aspira un grand coup sur cette drogue et laissa échapper un soupir de soulagement en même temps qu'une épaisse fumée de sa bouche. Elle recommença et au bout de quelques secondes elle se mit à pouffer bêtement. Cette fois, je n'ai pas ri avec elle tant j'avais peur. Elie avait raison. Je me répétais en boucle cette phrase dans ma tête. J'avais envie de partir d'ici et d'aller en cours d'anglais. Qu'est-ce qui m'a pris de sécher ? Jamais je n'aurais pensé sécher un cours un jour ! J'avais tellement honte. Qu'aurait pensé Elie si elle m'avait vue ? Laetitia et Cécile avait elles aussi tiré sur le joint. Toutes les trois me fixaient d'un regard sans vie. Puis, Laetitia me tendit la drogue qu'elle tenait entre ses doigts et me dit dans un gloussement : « aspire fort ». Que faire ? Non, je ne devais pas. Mais elles avaient l'air si heureuses, si détendues. Et puis juste une fois ça ne pouvait pas faire de mal... Et puis je me demandais bien à quoi cela pouvait ressembler, quelles sensations cela procurait quand on en prenait... Autant profiter puisque l'occasion se présentait. Alors j'ai pris le joint qu'elle me tendait et j'ai aspiré. Mon coeur s'est mis à battre la chamade, la fumée me piquait les yeux. J'avais encore plus peur, j'avais vraiment envie de partir en courant. J'avais attendu quelques secondes. Il ne s'était rien passé. « Encore » me dit Mandy avec un sourire béat aux lèvres. Et j'ai recommencé, sans réfléchir, encore plus fort cette fois. J'ai aspiré à pleins poumons. Et là, après quelques secondes, tout fut différent, tout était plus incroyable. J'aurais presque eu envie de me laisser basculer en arrière pour atterrir sur un nuage. À partir de ce moment-là, tout était plus fou. J'étais soulagée, débarrassée d'un poids qui n'a jamais vraiment existé. Je suis entrée dans un monde qui m'était jusque-là inconnu. C'était tellement bon ! J'étais là et je voguai sur un bateau invisible, il faisait beau, il faisait chaud... J'avais oublié que Laetitia Cécile et Mandy étaient là. Je les ai regardées un instant, puis j'ai tourné la tête vers le joint qui fumait entre mes doigts. Et j'ai explosé de rire sans savoir vraiment pourquoi.

 

J'ai fumé. Quelle imbécile j'ai été ! Jamais je n'aurais cru faire cela un jour. J'avais promis à Elie que jamais je ne tenterais. Je m'étais jurée de ne jamais succomber. Quelle imbécile ! Elie avait raison ! Mandy se droguait bel et bien et moi je n'ai rien vu venir et je suis montée dans ce manège infernal sans réfléchir. Qu'est-ce qui m'a pris de tirer sur ce fichu pétard ? Je devais m'éloigner de Mandy, mais je l'aimais bien et le monde dans lequel elle vivait aussi. L'ignorance, l'insouciance du lendemain, cette liberté de vivre au jour le jour. Je l'enviais, mais je m'interdisais de faire de même. Je devais bien avouer, qu'à ce moment-là, j'ai eu peur de Mandy, peur de ce qu'il pourrait m’arriver si je me faisais influencer davantage. Mais cette sensation d'extase, c'était si bon. Je devais ne plus jamais recommencer. Mais une semaine plus tard, Mandy m'a une nouvelle fois proposé de la suivre dans le coin sombre du lycée. C'était plus fort que moi ! C'était tellement bon la dernière fois, et puis une fois de plus ou de moins, qu'est-ce que cela changerait de toute manière ? Je n'ai pas pu refuser, en plus on n'avait pas cours cette heure-là. Et c'est ainsi que tout a basculé pour moi. À partir de ce jour-là, Mandy me fit fumer environ une fois par semaine mais je savais que je n'étais pas accro. Trois semaines après, j'ai vu Elie. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vue. J'étais très heureuse de la voir mais j'aurais préféré l'ignorer cette fois-ci étant donné que je n'étais pas vraiment sobre. Elle me trouvait changée. Elle avait remarqué ce jour-là mes yeux rouges et mon air dénué de raison. À chaque mot qu'elle a prononcé, je me retenais de pouffer bêtement mais en vain. Elie s'en était rendu compte et pour sûr, puisqu'elle est partie subitement les yeux remplis de larmes après m'avoir lancé un regard méprisant et dit dans un sanglot « tu l'as fait, tu m'avais promis ». Jamais je n'aurais pensé que l'on puisse me regarder comme j'ai regardé les gens défoncés avant tout cela. Je l'ai déçue, anéantie. Je l'ai fait souffrir mais tant pis.

 

Comme tous les mardis, je me rendais au coin sombre pour fumer avec Laetitia et Cécile. D'habitude, c'était Mandy qui payait la dose (de toutes les manières que ce soit). Ce jour-là, pour je ne sais quelle raison, elle était absente. Je n'ai d'ailleurs jamais su pourquoi. Laetitia et Cécile avaient investi leurs économies dans une dose d'héroïne la veille. Par conséquent, je n'ai pas eu mon joint habituel cette semaine-là. Il a fallu attendre le mardi suivant. En me voyant aussi nerveuse et frustrée, Laetitia me lança un sourire narquois : « ça y est ». Et effectivement oui, ça y était, j'étais accro. Je m'en suis d'abord voulu car au début, je prenais cela comme un simple jeu. Mais j'étais accro, et je m'en fichais parce qu'au fond, même si je ne le réalisais pas, je savais que j'avais sombré dès la première fois. Cette semaine m'a donc semblé interminable. La seule pensée que j'avais en tête était de fumer, fumer encore sans m'arrêter.

Comme prévu, le mardi suivant, je me suis défoncée. J'étais tranquille pour deux bonnes heures d'extase. Mais le mardi ne me suffisait plus. Il me fallait plus. J'ai alors étendu mes doses au jeudi après-midi et c'était désormais moi qui payais mon herbe. Tout mon argent de poche y passait et parfois même l'argent que je volais dans le portefeuille de mes parents. Ils ne se doutaient encore de rien à cette époque. En effet, ils étaient encore loin d'imaginer que leur fille si respectable fumait du cannabis dans le coin sombre du lycée ! Les doses que je prenais étaient de plus en plus fréquentes et de plus en plus importantes. Les résultats scolaires étaient en baisse. Je ne parlais plus à Elie, je ne voulais pas affronter une nouvelle fois son regard rempli de larmes, de déception et de dégoût.

Un jour, pendant que je me rendais au coin sombre, elle m'a interceptée. C'était la fin des cours pour tout le monde pour je ne sais plus quelle raison. On était là, seule dans la grande allée du lycée. Elle s'est plantée devant moi, ses yeux droits dans les miens, impassibles. « Arrête tes conneries ! » m'avait-elle suppliée. Elle a alors commencé à me faire un long et ennuyeux discours moralisateur sur la drogue et tous ses méfaits. Elle ne pouvait pas comprendre, elle était trop innocente. Je me moquais bien de ce qu'elle disait, je le savais déjà et je m'en fichais ! On ne se comprenait plus et je voyais que notre amitié ne tenait plus qu'à un fil. Comme si de rien n'était, je lui ai demandé froidement de me laisser passer. Bien entendu, elle refusa en me moralisant encore. De rage, je n'ai pu m'empêcher de la pousser violemment en la faisant tomber par terre. Et sans un regard vers elle, je me suis éloignée pour m'isoler dans le coin sombre où Charlie m'attendait. Il n'y avait plus de cannabis, elle m'a donc tendu une seringue d'héroïne. Je n'avais pas assez d'argent pour l'acheter. Mais je devais avoir ma dose, c'était vital ! À ce moment-là, Charlie me regardait d'une drôle de manière, il m'effrayait. Il me disait que l'argent était seulement l'une des nombreuses méthodes de payer... Il me désigna alors le parking des profs en un hochement de tête. J’étais accro. à la drogue mais je n’étais pas prête pour ce genre de paiement contrairement à Mandy. Comme je suis scolarisée dans un collège-lycée, j’ai attendu la fin des cours des sixièmes. Après leur sortie, je me suis approchée d’un gamin à peine âgé de onze ans, un peu grassouillet. Il attendait sûrement son bus. Seul. Je lui ai demandé de l’argent. Il a refusé. Prise d’un excès de colère, je l’ai pris par le col en le secouant, en lui disant de me balancer son argent en vitesse. Il était terrifié. Il m’a envoyé quelques billets et je l’ai laissé s’enfuir en courant. Il pleurait. J’ai pris les billets et j’ai rejoint Charlie qui m’attendait toujours dans le coin sombre. J’ai pu enfin me procurer la seringue. Comme celles qu’on voit à l’hôpital. L’ennui, c’est que je ne savais pas m’en servir. Charlie m’a donc montré comment faire un garrot au bras gauche et m’a planté l’aiguille sous la peau. Ca faisait un peu mal mais la sensation fut encore meilleure que le cannabis !

 

            Cela allait faire trois mois que je me droguais à l’héroïne. Je pesais quarante cinq kilos pour un mètre soixante cinq. Mes yeux étaient rouges au quotidien, ma peau était pâle et j’avais des croûtes que je ne cessais de gratter sur le visage. Je ne voyais plus Elie. De toute façon je ne voulais pas la voir et je pensais qu’elle non plus. A vrai dire, je m’en fichais pas mal. J’étais tout le temps avec Mandy, Laetitia, Cécile et Charlie. J’étais certaine que mes parents savaient que je me droguais. Cela faisait quelques temps que je les entendais discuter de centre de désintoxication ou je ne sais quoi. J’essayais alors de reprendre une apparence plus normale en camouflant mon visage pâle et mes croûtes avec du fond de teint ou en me maquillant les yeux pour masquer leur rougeur. Dès lors ils semblaient rassurés.

Il y a quelques jours, Elie m’a envoyé un message me disant qu’elle serait toujours là pour moi. Elle n’avait toujours pas compris que je ne voulais plus entendre parler d’elle et de sa morale stupide ? Je n’ai pas besoin d’elle de toute manière, contrairement à ce qu’elle pouvait penser.

 

            Un jeudi, comme tous les matins, avec ma classe, nous nous apprêtions à rentrer dans le lycée quand nous découvrîmes le portail fermé. Il n’y avait aucun signe de vie, pas même un surveillant. Sur le tableau d’affichage, je vis alors un mot annonçant que le lycée était en grève générale pour toute la journée. A cette nouvelle, nous avons tous sauté de joie. J’ai alors eu vite fait d’escalader le portail pour aller rejoindre mes amis du coin sombre. Ils m’attendaient et étaient tous défoncés. Après avoir payé ma dose, je me suis fait un garrot au bras gauche et me suis enfoncé l’aiguille d’un coup sec sous la peau. J’ai vidé la seringue de son héroïne en un rien de temps. Mandy m’a ensuite tendu le joint qu’elle venait de commencer avec Laetitia. Je l’ai accepté de bonne humeur et j’ai tiré dessus à pleins poumons. On a dû faire cela toute la journée. J’en voulais toujours plus. Mandy me recommandait de « calmer sur la dose ». Je disais en gloussant « C’est pas grave, au point où j’en suis ! ». Je me suis injecté une nouvelle fois une dose d’héroïne.

            Mais après quelques minutes, le rêve s’est transformé en cauchemar. Mes jambes ne supportaient plus mon poids, je me suis effondrée sur le sol. Je fixais le ciel. Je n’arrivais ni à parler ni à respirer. Je suffoquais. J’étais terrifiée. J’étais allongée sur le sol et pourtant, j’avais l’impression de tomber encore et encore dans le vide. J’entendais des voix qui disaient « dépêche-toi, appelle quelqu’un, de l’aide ! ». C’était la fin. Je savais que mon heure était arrivée. Je me répétais en boucle « je vais mourir, je vais mourir »… Je luttais pour ne pas que mes yeux se révulsent, pour ne pas sombrer dans l’inconscience, pour ne pas mourir. Des images se bousculaient dans ma tête. Mandy, le premier joint, Laëtitia, Cécile, Charlie, mes parents, le gamin que j’avais racketté, Elie, ma meilleure amie. Elie que je n’ai pas écoutée, Elie que j’ai fait souffrir, Elie qui ne m’a jamais abandonnée, Elie que j’ai brutalisée… J’avais envie de pleurer de regret, de peur, de rage, mais aucune larme ne vint. Je vis des personnes qui se penchaient sur moi. Je ne les connaissais pas. Elles parlaient mais je ne comprenais pas ce qu’elles disaient. J’avais la tête qui tournait, j’avais l’impression qu’elle allait exploser. Je n’entendais que des bruits sourds, un bourdonnement incessant dans les oreilles. Je sentis que l’on me portait. Le ciel bleu avait disparu, je ne voyais qu’un plafond blanc. Une femme que je ne connaissais pas me regardait en souriant. Je ne comprenais pas. Mes paupières étaient lourdes, j’avais sommeil. Je n’avais plus peur. La femme fixait un appareil d’où provenait un « bip » régulier. L’expression de son visage changea subitement. Pourquoi avait-elle peur ? Je ne ressentais aucune douleur. La femme me regarda et me sourit d’un sourire triste. Je fixais le plafond quand j’entendis un long « bip ». Je décidais alors de lâcher prise et d’abandonner. C’était la fin.

 

 Anonyme

 

 

A ta santé !

 

Je ne compte plus le nombre de verres

Qui m’ont fait tomber à terre.

Pourquoi cette boisson est-elle ma préférée ?

Pour oublier le stress de mes journées ?

Un petit verre et je pars

Dans un monde plein d’espoir.

Je ris, je danse, je suis content

Man âme se vide complètement.

 

Ma vie est toujours pleine de chagrins.

C’est donc cela mon quotidien !

Et je continue à absorber

Ces grandes eaux alcoolisées

Qui envahissent tout mon corps

De cette effroyable violence que j’adore.

 

On se dit que la vie va changer

Dans ce monde enchanté.

Mais malheureusement, il nous fait souffrir,

Périr puis mourir, laissant derrière nous

Le peu de notre vie

Que l’on croyait finie.

 

Ta famille ne cesse de te parler,

De t’aider, de te conseiller.

Mais tu n’as plus le choix, tu continues

Car tu ne trouves plus d’issue…

Tes amis ont fini de t’oublier.

Tu n’as plus de femme pour te supplier d’arrêter

Mais tu ne cesses d’espérer

Alors que finalement tu es condamné.

 

A ta santé mon cher ami, à ta santé !

Toi qui commences cette vie

A boire sans t’arrêter !

Mais dis-toi bien qu’un jour

Elle viendra te chercher, pour t’emmener avec nous…

Et tu te souviendras de ce premier verre

Qui te fit tomber six pieds sous terre

Et qui aura détruit ta vie

Pour te plonger dans l’oubli.

 

Anonyme

 

 

Quand vous allez lire ce qui va suivre, vous allez rentrer dans un lieu différent, hors du temps et de l’espace, un lieu qui n’existe pas et qui paraît tout de même si réel…

L’homme se leva, l’air fatigué, les yeux cernés. Il portait un chapeau melon, gris et vieilli. Il entra dans la pièce. Une jeune femme l’accueillit, le sourire creux et vide. Elle lui fit signe de s’asseoir. Il s’assit.

-       Bonjour monsieur.

-       Bonjour.

-       Je vous écoute monsieur

-       Je m’appelle Jean-Charles Dubois, j’ai 43 ans, ma femme m’a quitté et je suis au chômage. Je n’ai pas d’enfants. Rien ne me rattache ici. J’ai besoin de quelque chose qui me redonne un peu de vie.

-       Parfait monsieur. Dossier clair. Votre future addiction me paraît toute donnée. Vous serez dépendant de l’alcool.

-       Et… Comment ça va se passer madame ?

-       Au départ vous n’éprouverez pas le besoin de boire. Vous pouvez commencer tout doucement, un verre puis deux, puis trois. Et un matin, vous vous réveillerez et vous ne pourrez plus vous en passer. Vous ne vivrez que pour ça, car vous n’aurez plus d’autres raisons. Ca viendra tout seul.

-       Et une fois que je serai dépendant ?

-       Eh bien à ce stade, vous n’aurez plus conscience de la réalité extérieure. La mort au delirium tremens est un peu douloureuse, mais vous ne vous en rendrez même pas compte. C’est le principe, faites-nous confiance monsieur Dubois. Allez à l’accueil, ils vont vous donner votre premier verre.

-       Bien, merci madame.

Il sortit de la pièce. Il ne serait plus jamais le même.

Je sais ce que vous vous demandez. Qu’est-ce que c’est ? Un institut étrange où l’on vous conseille des addictions ? Mais après tout, n’est-ce pas le reflet de la société ?

Toujours cette salle d’attente. Un homme d’affaire cette fois. Des yeux de rapace, un corps mince et nerveux. Un beau costume noir, une chemise blanche, sacoche à la main, et téléphone à l’oreille. D’un pas pressé, il rentre dans la salle de consultation. La même femme est là qui l’accueille.

-       Bonjour madame.

-       Bonjour monsieur. Allez-y, expliquez votre problème.

-       Je me nomme Roger Dante. J’ai 48 ans, et je suis P.D.G. d’une grande entreprise. Je suis bien payé mais mes actionnaires me mettent sous pression, et je commence à être fatigué. J’ai besoin de quelque chose pour pouvoir tenir.

-       Hum… amphétamines ?

-       Ca fait vingt ans que je prends des amphétamines. Elles n’ont plus d’effet sur moi.

Elle sourit. Enfin un cas intéressant.

-       Bon, la cocaïne alors.

Les yeux de l’homme s’agrandirent légèrement.

-       N’est-ce pas un peu extrême ?

La femme rit. Tous les hommes, du plus riche au plus pauvre, ont les mêmes craintes, les mêmes doutes. La dépendance fait peur.

-       Il est vrai que c’est ce qu’on appelle une drogue dure mais je ne vois pas d’autre alternative pour vous. Le produit est coûteux mais vous avez l’argent pour payer. Vous n’avez pas d’autre choix de toute manière – vous comprenez ?

C’était faux bien sûr. On a toujours le choix. Mais l’homme ne ferait pas attention.

-       Et les effets ?

-       Vous serez actif, cela vous redonnera de l’énergie. Mais le produit est toxique, et il rend extrêmement dépendant. Vous en avez besoin de toute manière. Passez à l’accueil pour la première dose.

Il se détendait, il avait moins peur. Elle était arrivée à banaliser le produit. Elle passait ses journées à ça, à banaliser toutes les drogues, toutes les dépendances.

Autant d’addictions possibles qu’il y a de gens. La société en invente encore de nouvelles, et les gens s’y jettent pour oublier leur misérable vie, leur travail. Ils veulent rêver. Cet institut n’existe pas, c’est certain, mais le reste oui. Les addictions, la misère, le système.

 

Anonyme

 

 

 


Nouvelle dépêche – encore une victime de l’alcool.

 

Hier soir, aux alentours d’une heure du matin, l’alcool a encore fait une nouvelle victime, un jeune homme de vingt-trois ans, appelé Alexis Courant.

Il avait organisé une fête, chez lui, à Saint-Christol, à l’occasion de son vingt-troisième anniversaire, où il avait invité une cinquantaine d’amis. Un excès d’alcool lui a coûté la vie… Ses amis ont tout de suite prévenu les pompiers après qu’il se fût évanoui. Les pompiers d’Alès sont immédiatement intervenus mais n’ont rien pu faire pour le malheureux. Ils ont, par la suite, affirmé que le jeune homme était décédé suite à un coma éthylique. Il avait plus de quatre grammes d’alcool par litre de sang.

Sa famille est en deuil et a appris la terrible nouvelle dans la matinée. Ses obsèques auront lieu le 28 mars à 14 heures, au cimetière de Saint-Christol.

Chers citoyens, par ce nouvel exemple de tragédie liée à l’alcool, rappelez-vous les limites autorisées et surtout respectez-les !

 

Anonyme

 


 

Deux amis, deux destins

 

Un beau jour d’été, à Moscou, deux amis qui se retrouvent après des années discutent à la terrasse d’un café.

-       « Je n’ai pas arrêté de te le répéter depuis tout à l’heure, mais si tu savais comme je suis heureux de te revoir, Charlie ! Je suis tellement content ! », s’exclama Merouane.

-       « Ouais… moi aussi tu m’as beaucoup manqué ! »

-       « Alors, raconte-moi tout ce que j’ai raté. Tu as des enfants ? Tu habites où ? Oh, d’abord, dis-moi ce que tu viens faire ici à Moscou ?! », demanda Merouane.

-       « Je … hum … Merouane, j’ai … » Il devint tout rouge puis enchaîna : « Comment dire ? Comment t’annoncer ça … écoute, j’ai un cancer »

Merouane ne bougea plus, ses grands yeux ouverts fixés sur Charlie comme s’il ne voyait plus que lui, comme si tout s’était arrêté. Il avala sa salive, et cligna des yeux sans prononcer un mot. Puis Charlie reprit :

-       « Alors, je viens aujourd’hui à Moscou parce que cette ville, comme tu dois le savoir, est réputée pour ses spécialistes, ses cancérologues. J’ai un cancer de la gorge. Personnellement je n’ai aucun espoir. Mon entourage le sait, les médecins le savent, mais ils ne veulent pas l’admettre, tout simplement. Regarde-moi : je suis affaibli. » Il enleva son écharpe : « regarde mon cou – il est enflé, rouge et… je me sens dégoûtant ! Je tousse tout le temps, je ne mange pas ce que je veux, j’ai mal, je souffre… c’est la fin ! »

Mérouane, choqué par la déclaration de son ami, ne savait plus quoi dire. Il resta immobile face à son vieil ami à qui il avait souhaité tant de bonnes choses et qui désormais était pris au piège d’une affreuse maladie. « Charlie, je m’excuse, je suis désolé, vraiment ! », dit Mérouane.

-       « Mais t’excuser de quoi ? Tu n’as rien fait ! C’est moi ! Tout est de ma faute ! Cette pourriture m’a tendu les mains et moi je les ai saisies. J’ai sombré, alors regarde-moi encore une fois ! Regarde l’homme que je suis devenu ! Si tu savais comme j’ai la haine ; oui, j’ai la rage ! J’aurais aimé ne jamais commencer… »

Il but une gorgée de café suivie d’une grimace tant il avait mal. Il continua :

-       « Si tu veux savoir, tout a commencé quand j’étais à la fac. Tu sais, au début on y vient pour travailler, mais très vite on a envie de s’amuser alors on se fait inviter à des soirées, alcoolisées bien sûr, et le lendemain c’est tellement dur de se lever qu’on se dit qu’on rattrapera les cours et au final on ne rattrape rien du tout. Les autres soirs on recommence, on fait la fête, on a des femmes, on boit, on boit, on ne travaille plus et les années de fac passent, tu fous jamais rien, tes parents payent tes études en croyant que t’y tiens alors que ce n’est pas le cas ! Et à la fin tu te retrouves comme un imbécile sans diplôme avec une femme et un bébé que tu dois nourrir alors tu te débrouilles comme tu peux et tu prends le premier métier qu’on te propose. Dans mon cas ce fut maçon. Un métier vraiment très dur car qu’il vente, qu’il neige, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, tu dois aller travailler ! Je te jure que ce métier m’a fait souffrir… »

Charlie toussa et reprit :

-       « le pire est que je me suis cassé le dos à porter des tonnes de ciment et des briques alors que l’argent que l’on me donnait ne suffisait pas à nourrir ma petite famille. C’était la misère ! Ma femme et moi nous nous serrions la ceinture pour notre fille… Et puisque mon quotidien commençait à me peser et à devenir très dur, ce que je faisais ? Je buvais, tous les jours un peu. Mais par la suite c’est devenu une véritable habitude, et si par malheur je n’avais pas ma dose, je devenais violent. Pour tout te dire j’ai renoncé à me faire aider. Pour moi j’étais au fond du puits et personne n’aurait pu me faire remonter. Ce n’est que lorsque mon cancer s’est déclaré que j’ai accepté de l’aide… Mais… me voilà en ce beau jour en train de me plaindre et de dramatiser alors qu’on ne s’est pas vus depuis des années ! Allez, laissons cette maladie de côté ! Parle-moi plutôt de toi… »

Merouane lève la tête en versant quelques larmes, bouleversé par l’histoire de Charlie.

-       « Mais … tu pleures ? », demanda Charlie.

-       « Ton histoire m’émeut énormément. C’est très difficile d’entendre ces paroles. Je me dis que j’ai eu de la chance, que le bon dieu veillait sur moi… »

-       « Je ne comprends pas. »

-       « Moi aussi j’ai beaucoup bu mais dès que j’ai commencé à devenir accro, ma femme m’a conseillé d’aller en cure. Mais bon, arrêtons de parler de ça aujourd’hui : je suis en bonne santé, tout va bien, laissons cela de côté. », dit Merouane en essuyant ses larmes.

-       « La vie a voulu que toi tu t’en sortes et que moi j’y passe. » Charlie regarda sa montre, se leva précipitamment et annonça : « Oh, c’est l’heure, je dois aller à l’hôpital. Ma femme et ma fille m’y attendent. Tu veux m’accompagner ? »

-       « J’aimerais, oui. Allons-y ! »

Mérouane et Charlie partirent tous deux en rigolant, en se taquinant comme si cette discussion n’avait jamais eu lieu. Quelques mois plus tard, Mérouane reçut une lettre lui annonçant la mort de son ami d’enfance.

 

Cebria

 


 

Je suis la plus grande des tueuses – même le sida, les accidents de la route, l’alcool, les homicides, les suicides, les drogues et les incendies réunis ne tuent pas autant de personnes que moi. De plus j’ai réussi à rétablir l’esclavagisme, et derrière moi j’ai la moitié des habitants de cette maudite terre.

Plus les années passent, et plus le nombre de mes victimes augmente. Environ quatre millions chaque année.

Je les appelle, et ils viennent : ils m’attrapent et m’aspirent. Mais malheureusement pour moi je suis la seule de mon espèce.

Je les incite à me rappeler, une fois par jour, et après une année, ils m’appellent plus de quarante fois par jour ! Ils sont accros à moi, addicts, et sont prêts à tout pour moi. Au départ, mes tarifs étaient raisonnables. Mais vu l’argent que ces esclaves sacrifient pour moi, j’ai décidé d’augmenter ces tarifs, histoire de tuer en faisant du bénéfice. Mes victimes sont de plus en plus jeunes, car certes j’en tue, mais j’en blesse aussi. Je n’ai pas de catégorie d’âge : qu’ils viennent de naître ou qu’ils soient proches de la mort, je m’occupe d’eux, je les berce et je les emporte avec moi, avec les autres.

Je suis comme un enfant pour eux. Parfois certains m’abandonnent ou m’échangent, mais ils m’aiment, comme rien d’autre au monde. Je suis leur moment de plaisir, et avec moi ils sont détendus, calmes et reposés. Ils connaissent pourtant ma règle : attrape-moi, aspire-moi, recrache-moi, que je t’emporte un jour ou l’autre…

Ils m’attrapent violemment, d’un coup ! Sans même y faire attention : je suis leur habitude.

Dans la vie on a des plaisirs : le mien est de tuer, et pour eux… je suis leur plaisir !

Un jour, vous m’appartiendrez tous, car comme vous le savez, le meilleur moyen de résister à la tentation, c’est d’y céder… Et même si je ne suis pas Oscar Wilde, je suis connue dans le monde entier, et à tous les coins de rue on peut me voir. Mais un conseil : ne m’approchez pas, vous risqueriez d’y perdre vos pas et d’y laisser votre vie ! Je ne suis qu’une cigarette, mais votre vie est entre mes mains !

 

Anonyme

 

 


Jean-François Poquelin, descendant de la famille de Molière, est un jeune homme raffiné, doux et très dépensier, qui aime les belles manières et apprécie beaucoup « le bourgeois gentilhomme », surtout M. Jourdain, personnage principal inventé par Jean-Baptiste Poquelin son arrière arrière arrière arrière grand-père. Jean-François vit dans un magnifique appartement parisien près du château de Versailles. Il ne travaille pas et vit de la richesse de sa famille, surtout celle de Molière.

Il aime beaucoup les activités et les sorties entre amis qui sont tous ou presque fils de bourgeois. Il n'est pas marié et n'a pas d'enfants et est en désaccord avec ses parents. Cela fait six mois qu’il ne les a pas vus. Ils vivent dans un château en Suisse et malgré leur désarroi, ils lui versent une pension estimée à plusieurs dizaines de milliers d'euros par mois. Un samedi soir, ses amis lui proposent d'aller au casino ; le père d'un de ses amis vient tout juste d'être propriétaire de ce casino dont le nom est « addictions ».

Ce jour-là Jean-François s'en rappellera toute sa vie car c'était le début de l'enfer. Tout commença par des jeux à roulettes mais Jean-François n'appréciait pas. Il se mit alors au poker où la chance lui sourit : il gagna, continua à gagner jusqu'à ce qu'un soir, un homme petit et costaud lui propose une partie à une table où le niveau était plus élevé. Jean-François accepta, il voulait savoir jusqu'où son niveau pouvait aller. Ainsi, il commença à perdre, perdre tout ce qu'il avait gagné. Il voulut continuer pour récupérer son argent mais il perdait toujours. Il s'arrêta au moment où il n'avait plus d'argent. Il demanda au père de son ami patron du casino si il pouvait lui en prêter, et le bonhomme accepta.

Jean-François se remit ainsi à la partie mais perdit une nouvelle fois. Il commença à être endetté et fut très dépendant du poker. Il vendit sa voiture pour rembourser le patron du casino. Tous les soirs, il retourna au casino mais perdait son argent et accumulait les dettes auprès du patron du casino. Celui-ci lui refusa dès lors l'entrée de son casino en raison de longues dettes payées tardivement. Jean-François perdit ses amis mais il s'en moquait, seul le poker l'intéressait. Tous les casinos de Paris lui refusèrent l'entrée. Ils avaient été prévenus par le boss de l'addiction. Jean-François se mit alors au poker en ligne, misait beaucoup d'argent mais le perdait également. Ses gros endettements le poussèrent à vendre son appartement. Il vécut alors dans un entrepôt abandonné et passa ses journées à faire la manche. Sa folie pour le poker le hanta à tel point que, quelques jours après avoir vendu son appartement, il se fit interner de force dans un hôpital où il mourut pitoyablement.

 

Anonyme

 

 


Un petit bout tout blanc

Bien raide évidemment

Par les lèvres serrées

Aspiré goulûment

Se donne et se reprend

 

Un petit bout tout blanc

C’est une histoire de temps

Au goût pain épicé

Par les doigts entourés

Caressé patiemment

Se consume lentement

 

Un petit bout tout blanc

Plaisir de chaque instant

Du lever au coucher

Vingt fois dans la journée

Je ne peux m’en passer

S’il prend de sa vigueur

Par la langue humecté

Il retrouve l’ardeur

 

Un petit bout tout blanc

Se donne mais ne se rend

Par le nez inhalé

Me fait tourner la tête

Vous l’avez deviné

C’est une tige de sept

Une cigarette

 

Anonyme

 

 


L’histoire se déroule en Amérique puis à Las Vegas. Deux amis partent en voyage avec une voiture louée dans laquelle ils ont mis plusieurs valises remplies de drogue et de cigarette.

Ils conduisent sur la route 66 tout en fumant et en se droguant puis quand ils arrivent ils se présentent dans un hôtel mais… sous l’emprise de la drogue.

L’hôtesse prenant peur elle leur offre une chambre dans laquelle la drogue finit par les tuer…

La Buick décapotable rouge flamboyant, louée au début de leur périple à Los Angeles, avec au volant Jack, Daniels à ses côtés, prend la bretelle qui leur permet de sortir de la route 66 ; prochaine étape, le motel « good night » dont l’emplacement était indiqué au sortir de la route 66.

            « - Waouh ! s’exclame Daniels, quinze jours avec cigarettes, Whisky, Casino et petites pépées, à nous la belle vie !

            - Et tu oublies que nous allons faire sauter la banque. La baraka est avec nous, nous avons toutes les cartes en main, reprend Jack.

            - Je vais m’en jeter un derrière le gosier, passe-moi la bouteille de Vodka.

            - Laissez-moi, sales bêtes je ne vous ai rien demandé, hurla Jack, faisant de grands gestes pour chasser les insectes.

            - Oh imbécile, tu as raté l’entrée du motel, cria Daniels.

            - No problemo, je vire. »

Aussitôt dit aussitôt fait, joignant le geste à la parole, Jack fait un tête-à-queue qui le remet dans la direction du motel.

Grâce à Dieu, l’heure est très avancée, à mi-chemin entre la fin de la nuit et le début du jour et la route est déserte.

« -Imbécile toi-même, je ne peux pas chasser les mouches et voir les pancartes. Tu ferais mieux d’ouvrir la fenêtre pour les faire sortir.

            - T’as trop fumé, on est dans une décapotable.

            - Oh toi… Je suis sûr qu’il y a plus d’alcool dans ton sang que d’essence dans le réservoir de la bagnole... Ca y est je vois la pancarte lumineuse du motel !

            - FREINE, FREIIIIIIIIIIINE ! TOURNE, TOUUUUUURNE ! PIIIIIIIIIIIILE ! »

A travers la porte vitrée de l’entrée du motel, assise derrière son comptoir, la tenancière regarde, ahurie, nos deux compères. Tout droit sorti de sa série favorite Starsky et Hutch, le bolide rouge s’immobilise dans un nuage de poussière et de sable.

Toujours ébahie, elle assiste à la scène suivante : l’homme au volant s’agite frénétiquement dans un balancement d’avant en arrière, les bras en désordre autour de lui ; quant au passager, elle le voit sortir de la voiture et disparaître aussitôt de sa vue.

« - Daniels, au secours, à l’aide, on me retient, ils m’empêchent de sortir ! Aide-moi, aide-moi, te barre pas, ne me laisse pas avec eux ! Tu es où, je te vois plus ?

- Là !

- Où ?

- Ici, je me suis gamellé, j’ai le talon de ma santiag qui est resté accroché à la portière, je me suis au moins cassé le genou, dit Daniels dans un râle de douleur.

            - Viens m’aider, ivrogne, poivrot, moi on m’étrangle, on en veut à ma vie, à ma valise, ils vont nous piquer notre came, notre fric, adieu Las Vegas.

            - Moi, ivrogne et toi shooté, détache ta ceinture, abruti ! Et vas-y mollo sur tes doses. Fais comme moi, juste ce qu’il faut. »

Tant bien que mal, Daniels boitant et Jack titubant, ils essayent d’ouvrir la porte d’entrée du motel :

            « - Appuyez sur le bouton » dit la dame.

Et nos deux voyageurs se retrouvèrent face à elle.

            « - On voudrait une piaule pour la nuit. » demande Jack.

            « - Avec deux lits. » rajoute Daniels en gloussant.

Face à ces deux grands gaillards dans un état d’ébriété très très avancé, la tenancière, du haut de ses un mètre cinquante et de ses quarante cinq kilos, s’écarte du comptoir : les relents d’alcool et de cigarette qui se dégagent de ces deux énergumènes, et les pupilles dilatées de Jack, lui font craindre le pire si elle leur refuse la chambre.

            « - Bien, vous avez de la chance, le motel est plein, il reste juste une chambre avec deux lits, au troisième étage au fond du couloir à gauche. Voici les clés. »

Daniels essaie d’attraper les clés mais il en voit plusieurs paires et tente d’en saisir une. Pas de chance, ce n’est pas celle qui est matériellement existante !

            « - Ah, on veut jouer !...Hop attrapée ! Cette fois je la tiens ! »

            « - Vous voulez bien inscrire vos noms et prénoms sur les registres, s’il vous plaît ? Et me laisser vos cartes d’identité que je vous rendrai demain matin à vote départ. »

            « - Je vais d’abord chercher les valises dans la voiture. » dit Jack tout en se dirigeant vers la porte.

Quelques minutes plus tard, après avoir réussi à gribouiller leurs identités sur le registre, à bout de souffle, ils arrivent devant la porte de leur chambre. Daniels prend la clef et essaye de la mettre dans la serrure mais sa main tremble trop, après maintes tentatives, il y parvient.

La porte s’ouvre…et se referme à jamais sur eux…

 

Anonyme

 

 

 

Ma première pensée, dès le matin, du sorbet !

Celle-ci poursuivie d’un grand besoin de marbré…

La sensation jouissive d’un délicieux nougat !

Ton parfum se répand dans mes veines, Nutella.

Ce désir s’amplifie lorsque, toc, chantilly,

Tu t’imposes dans ma vie, enivrant toutes mes nuits…

 Je survis grâce à toi, délectable crème brûlée,

Lorsqu’accompagnée d’une succulente réglisse,

Tu me contrôles tout entière ; je ne sais résister !

Et ce perpétuel appel de glace au cassis,

N’est rien comparé à cette forêt noire,

Me torturant autant qu’une tarte à la poire,

Délicieux supplice à l’arôme de caramel,

Douce morsure la tentation d’un croquant au miel,

Toute ma dévotion va vers cette mousse au citron,

Voluptueuse héroïne qu’est la calisson,

Mais que diable ! Peu m’importe les kilos en trop,

Tant que j’ai ma ration de coulis d’abricot,

Toutes ces addictions sucrées me font divaguer,

Je sais qu’au fond ce paradis n’est que péché.

 

Anonyme

 

 


Etant grand consommateur de tabac, d’alcool et de drogue, je me croyais capable, dû aux effets secondaires de ces drogues que j’ingurgitais au quotidien, de voler vers une autre planète.

            Un jour après avoir pris mon jus vitaminé, je m’évadais alors vers une planète jusqu’ici je pense inexplorée car elle avait une forme cubique. Peut-être n’était-ce pas une planète, je ne sais pas, je ne sais plus. Tout ce dont je me souviens c’était sa forme carrée et que selon l’endroit dans l’espace d’où on la regardait elle changeait de couleur.

            Ce jour-là m’a marqué car maintenant au quotidien je ne me drogue plus, maintenant au quotidien je cherche à savoir où est situé cet endroit magnifique sur terre ou dans l’univers car je sais qu’il existe puisque toutes les autres planètes que j’ai pu survoler après chaque prise de drogues sont connues à ce jour comme mars, Vénus ou Uranus et plein d’autres encore que je ne cite. Mais je suis motivé et je finirai par trouver, pour pouvoir y retourner une dernière fois. Si je ne le découvre pas, je sais que vous le découvrirez tôt ou tard, cet endroit merveilleux et à la fois si mystérieux. En tout cas, je suis très heureux et très fier d’avoir été le premier et j’espère fortement n’être pas le dernier à avoir pu contempler cet endroit si mystérieux et si inexpliqué.

 

Anonyme

 

 


Confession pour une fin

A ma mère, un soir de mai 2009

Bonsoir,

Ca fait un moment pour moi que mes soirs ne sont plus bons. A ce jour, je n’en peux plus, je suis à bout.

Pourquoi ? Voilà ma confession.

Tu dois être étonnée de mes nouvelles, car cela fait plusieurs années que je ne t’en ai pas donné. Tu me manques mais j’ai honte. De quoi ? De moi, de ce que je suis devenu. Non, je n’ai pas poursuivi mes études, je n’ai même pas obtenu mon bac…

Ca me serait impossible de me rappeler quand tout a basculé. Ce dont je me souviens c’est cette sensation, celle que j’ai ressentie la première fois. Cette sensation de liberté, de légèreté qui t’envahit… Cette euphorie qui t’entoure. Après cette première fois, j’ai commencé de temps en temps. Puis tout s’est accéléré.

Maintenant c’est tous les jours que je la recherche cette émotion.

Oui maman, j’ai succombé, je suis tombé « bien plus bas que terre »; tombé dans la déchéance.

A présent ma vie n’est que débauche.

J’ai perdu mes amis, mon travail…

J’ai vendu ma voiture, mes habits, les meubles, et même mon chien…

Je ne me nourris plus, je ne me lave plus non plus. Chaque jour je répète le même geste; je m’injecte du bonheur synthétique à longueur de temps, mais cela fait longtemps que je ne suis plus heureux, c’est juste devenu un réflexe.

Je suis tombé dans ce labyrinthe piégé, et jamais je ne m’en sortirai.

Pour moi c’est la fin, je vais m’endormir.

Je t’aimerai toujours maman. Au revoir, adieu.

Ton fils.

 

Emma

 

 


 

Affranchi

Voici l’histoire d’un affranchi nommé Henry Hill. Il faisait partie de la mafia New-yorkaise dans les années 80. Henry avait une belle vie, une femme ravissante, deux filles et une superbe maison.

En réalité le travail d’Henri était d’apporter une protection à des personnes qui ne pouvaient pas s’adresser aux policiers, en quelque sorte c’était la police des Affranchis. Beaucoup de personnes devaient de l’argent à Henry, et une en particulier. Pour la faire payer Henry et son ami Jimmy Conway eurent recours à des méthodes plutôt violentes. Par malchance le type qu’ils avaient passé à tabac avait une sœur dactylo au F.B.I.

Quatre ans, c’est la peine dont a écopé Henry. Durant son procès, quelqu’un avait balancé une grande partie de la mafia. Même « Jimmy Deux Fois » a pris deux ans pour avoir dit bonjour à Henry.

Mais la prison pour les affranchis c’était la belle vie. Ils pouvaient acheter les gardiens et ceux qui ne se laissaient pas acheter ne balançaient pas. Avec lui il y avait Paul Cicero dit Pauli qui était un gros bonnet à New York ; Pauli était ce qu’on appelle un caïd.

A peine entré, Henry pensait déjà à sa sortie. Il devait trouver le moyen d’assurer son retour dans la mafia. Voyant le nombre de drogués en prison, il décida de dealer pour récolter de l’argent et pouvoir  s’occuper de sa femme et de ses filles. Mais bien sûr Henry commença à se droguer aussi.

A sa sortie Henry vit que le business qu’il avait monté en prison commençait à prendre de l’ampleur et il décida de prendre Jimmy Conway et Tommy le Rital comme associés. Un jour Pauli convoqua Henry pour lui parler de leur séjour en prison, pour lui dire qu’il fallait arrêter la drogue et le trafic. Mais Henry mentit à Pauli en lui répondant qu’il se retirait du business de la drogue.

Henry avait une affaire avec des dealers de Pittburgh, ils ramassaient gros. Mais un jour, il croisa Pauli dans la gare où il avait l’habitude de faire les transactions. A cet instant, il sut qu’il ne lui restait pas 24 heures à vivre. Le lendemain il était traîné de force chez Pauli. C’est à genoux et en larmes qu’Henry mourut d’une balle dans la tête, de telle manière que sa femme ne puisse pas exposer son corps à l’enterrement. Jimmy fut retrouvé dans un broyeur pour voiture et Tommy sous les roues d’une Cadillac en feu.

 

Bob

 

 


Les jeux vidéos, une passion moderne, grand divertissement des jours d’aujourd’hui, on en devient addict !

Quel beau moyen de s’évader durant des heures ! Car le temps est comme accéléré malgré la sensation de l’avoir arrêté.

Arrivé devant l’écran, on oublie tout. On perd la notion du temps, on ne pense à rien, une bulle se forme nous séparant de la réalité, on se prête au jeu.

Puis lorsque cela finit, que l’addict a fait son quota de « libération d’esprit », nous revoilà dans ce monde réel, regrettant déjà cette bulle…

Ce besoin de se détendre et de passer un bon moment pour parfois éviter les problèmes de la vie, quand le moral est affaibli.

Toujours préoccupé à l’idée de consommer, on ne peut plus se contrôler. On y porte une attention particulière, on s’investit de plus en plus afin d’atteindre les objectifs importants pour nous joueurs excessifs. Ce qui implique aussi de s’imposer d’y consacrer beaucoup de temps.

Sans oublier ces fameuses sueurs avec cette anxiété qui jaillissent lorsque l’on veut arrêter.

Finalement, pourquoi ne pas dire les côtés bénéfiques des jeux vidéo ? Oui, sachons qu’avec eux, nous travaillons notre éveil, notre agilité mentale mais aussi notre stratégie de résolution.

 

Anonyme

 

 


L’héroïne

 

Cette sensation jouissive

Cette dévotion abusive

Ce sentiment adorable

Devenant même délectable

 

Pendant cette minute si savoureuse

Mon aventure, romantique et rêveuse

Son parfum se repend dans mes veines

Elle me fait divaguer et m’emmène

 

Dans un paradis de péchés

Un océan de plaisir et de volupté

Ce court instant où, grâce au destin,

Elle et moi ne faisons plus qu’un

 

Je la sens en moi,

Victime de ce vice roi

Mon addiction s’amplifie

Et mon désir d’intensifie

 

Je reprends connaissance

Et manque de cette dose intense

Elle m’a lâchement laissé tomber

Mon héroïne, lentement s’est consumée…

 

Lorenzo

 

 


L’alcool

 

Ca leur est arrivé un soir lors d’une fête, où normalement il n’y aurait pas dû y en avoir, mais malheureusement ils en ont amené…

Oui, car d’après eux « sans alcool la fête est moins folle ». Sauf que là elle était tellement folle qu’il y a eu des blessés, des viols, et tout cela grâce à « l’alcool » qui rend la fête plus folle…

On était trois à ne pas y avoir touché, et évidemment on a eu droit à des injures. Mais qu’est-ce qui est mieux, être sobre et en parfaite santé ou bourré et faire n’importe quoi, en se réveillant avec un tambour à la place du cerveau !

Et depuis au lieu de ne « boire » qu’en soirée, c’est devenu une habitude pour boire tous les jours !

Oui, ce sont des alcooliques chroniques et ils devront vivre cette dépendance durant le restant de leur vie.

 

Anonyme

 


Dans notre pays, les jeux autorisés – loto et jeux de grattage, casinos, machines à sous, paris sur hippodrome - connaissent une croissance exceptionnelle. Or il est désormais connu que ces jeux peuvent conduire à des pratiques abusives, voire des dépendances : le joueur est alors incapable d’arrêter de jouer, en dépit de conséquences parfois dramatiques (endettements, problèmes familiaux et professionnels…).

Après avoir analysé les données internationales publiées dans 1250 articles, l’expertise de l’I.N.S.E.R.M., on constate qu’il est impossible de connaître le nombre de joueurs pathologiques en France mais on annonce des chiffres inquiétants pour d’autres pays.

Les joueurs pathologiques se rencontrent dans tous les milieux sociaux et souffrent dans de grandes proportions, d’autres problèmes addicts (tabac, alcool et, dans une moindre mesure, de drogues illicites).

Le groupe d’experts recommande la formation d’intervenants (médecins généralistes, psychologues, travailleurs sociaux…) aux problèmes du jeu pathologique, et le développement de thérapies brèves, qui pourraient améliorer l’accès aux programmes de soins des centres d’addictologie. Autre préoccupation : le développement d’une ligne d’écoute nationale et diverses actions d’informations, en particulier sur les sites de jeux de hasard et d’argent sur Internet. Reste à l’Etat l’exercice délicat de jongler entre la protection des français et la promotion du jeu qui lui rapporte tout de même quelques six milliards d’euros.

 

Anonyme

Sources :

www.cite-science.fr

http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/question_actu.php?langue=fr&id_article=10203

www.dissertationsgratuites.com

http://www.dissertationsgratuites.com/dissertations/l%27Addiction-Au-Jeu/236032.html

 


 

Ce n’était pas un endroit fréquentable, ce quartier était sinistre puisqu’il y avait peu de lumière, ou alors les lampadaires étaient cassés. Les gens qui vivaient dans cette banlieue ne se parlaient pas trop entre eux. C’était chacun pour soi. Ces personnes rencontraient beaucoup de problèmes sociaux. L’ambiance de la cité était assez particulière. Mike vivait là, c’était son quotidien. Lui aussi n’avait pas beaucoup d’argent. La cité c’était son monde, à 25 ans il ne travaillait toujours pas. Il ne traînait qu’avec des exclus de la société qui n’étaient pas de bonnes fréquentations pour lui. Mike était toxicomane depuis de nombreuses années, depuis que ces parents s’étaient fait assassiner devant ses yeux. Il n’a jamais voulu voir un psychologue. Son monde à lui, c’était la drogue, et les moyens de s’en procurer. Depuis quelques jours, Mike a des difficultés pour s’approvisionner, financièrement il ne peut plus assurer sa consommation. Le manque grandissant, Mike supplie son dealer de le fournir. Pour quelques grammes, Mike est prêt à tout, son dealer lui propose un marché.

En échange de quelques doses, Mike doit aller dans une autre cité à la réputation sulfureuse pour effectuer une livraison illicite. Mike, en état de manque se retrouve impliqué dans une rivalité entre deux bandes qui se disputent un quartier et surtout un marché. Voulant à tout prix avoir ses doses, il va s’exposer dans ce conflit qui n’est pas le sien.

Mike se fait agresser, est abattu à mort par ses adversaires qui prennent la fuite immédiatement dans ce monde atypique. Voilà comment l’addiction à la drogue peut entraîner un individu dans la déchéance, pouvant aller jusqu’au sacrifice extrême.

 

Anonyme

 


L’addiction à une autre personne

 

 Tout le monde parle de l’addiction à la drogue, l’alcool, la nourriture, les jeux vidéos ou encore le sexe, mais peu de gens parlent du phénomène d’addiction que l’on peut avoir envers une autre personne, que ce soit un ami très proche, un membre de sa famille ou encore un(e) petit(e) ami(e).

 L’addiction à quelque chose, ou quelqu’un peut avoir une définition très vaste. J’ai décidé de parler de l’addiction à une personne car c’est quelque chose que chacun de nous peut ressentir un jour. Un besoin d’amour, ou celui d’aimer n’est pas une maladie, mais quelque chose de nécessaire pour chacun de nous.

 Nous pouvons observer qu’un homme (ou une femme) qui ne connaît pas l’amour n’est pas une personne heureuse (pour la plupart d’entre eux). Mais que le jour où il trouve la personne qu’il lui faut, son âme sœur, celle-ci devient comme la force de gravité qui le tient au sol : on peut appeler cela « le coup de foudre ».

 C’est dès ce moment que l’on peut parler d’addiction, car la présence de cette personne devient nécessaire, comme la dose d’héroïne dont a besoin un drogué. Comme toutes les addictions, celle à une autre personne peut ne pas être révélée chez certains individus. Des gens peuvent ne pas ressentir ce besoin d’aimer, comme d’autres peuvent ne pas ressentir de besoin d’héroïne (pour garder l’exemple des drogués).

 Pour les addicts, victimes d’une rupture cela peut être comparable à un drogué qui ne peut plus avoir sa dose quotidienne, la personne qui s’est fait quitter peut ressentir un grand manque, et beaucoup souffrir de la perte de l’être aimé.

 Voici les raisons pour lesquelles nous pouvons parler d’addiction à l’amour ou pour une personne, car les réactions qu’il peut avoir sont les mêmes que celles d’un drogué suivant les événements qu’il vit. Cette addiction n’est en général pas considérée comme une maladie, c’est simplement les sentiments que peuvent éprouver tous les humains.

 

 Anonyme

 

 


Je m’appelle Becca et mon histoire commence quand j’avais 8 ans…

Il y avait les prix pour de vrai et les prix pour les mamans. Avec les prix pour de vrai on achetait des chaussures avec des paillettes et avec les prix pour les mamans on achetait des chaussures marron qui duraient toute la vie ! Je rêvais d’avoir une carte magique pour pouvoir acheter tout ce qui me plaisait. Je n’aurais jamais imaginé que j’allais en avoir 12 !

J’habite avec ma meilleure amie Lucie et notre appartement est sur le point de craquer à cause du nombre exorbitant de robes, chaussures et de sacs à main que j’accumule à force de faire les boutiques. Mais je ne peux m’en empêcher, ça fait partie de ma vie, je ne fais plus qu’un avec le shopping !

Depuis peu j’ai un sérieux problème : un samedi, j’étais sortie pour aller faire du shopping chez Chanel tandis que Lucie était restée à l’appartement. Elle alla chercher le courrier et elle vit une lettre de la boite où je travaille. Les nouvelles étaient mauvaises… je rentrai quelques heures plus tard, heureuse d’avoir fait mes achats, en disant à Lucie :

            « - C’est moi ! j’ai passé mon après midi chez Chanel, en voilà la preuve. 

             - Chez Chanel ?

            - Oui pourquoi, qu’est ce qu’il se passe ?

            - Il se passe que tu es au chômage Becca ! »

En apprenant cette nouvelle je me suis mise à crier !

Une semaine plus tard j’étais employée dans un magazine financier, le job ne me plaisait pas du tout mais le patron était très gentil. Je reçus un coup de téléphone de mon banquier qui me disait que je devais rembourser un peu moins de 20000 dollars. Je le fuyais, je ne répondais plus au téléphone, j’avais peur, mais je continuais à faire du shopping. Lucie a décidé de m’inscrire aux acheteurs compulsifs anonymes. J’y suis allée pendant plusieurs mois pour faire plaisir à Lucie mais je voyais bien qu’il n’y avait aucun résultat. Cela me permettait de fuir mon banquier. Jusqu’au jour où il décida de passer au contact direct, j’ai alors demandé de l’aide aux acheteurs compulsifs anonymes pour vendre tous mes vêtements inutiles. Cette affaire m’a rapporté 16292,99 dollars. J’ai pu rembourser mon banquier.

Avant j’achetais dans la rue, je pensais que les magasins c’était comme quand on croisait un charmant jeune homme et qu’il nous sourit et que notre cœur se met à fondre comme du beurre sur une tartine grillée, maintenant je n’y prête plus attention. Je me sens plus libre qu’avant.

 

Anonyme

 

 


 

Ce portable est ma drogue

Sous son emprise je suis tombé

Jusqu’à plus pouvoir m’en passer

Les messages… Tellement j’en reçois je ne m’en aperçois même pas

Et quelques fois

Quand je ne l’ai pas avec moi

J’ai l’impression d’être seul

Cette solitude qui pèse

Je range le portable l’espace d’un instant

Ceci m’oppresse

C’est si surprenant

Alors comment stopper cette envie de communiquer

Cette envie insatiable ?

Hélas je n’en ai aucune idée

C’est irrémédiable

Si c’est une addiction je ne peux la stopper

A quoi bon essayer ?

 

Anonyme

 

 


La flemme

 

Drogue excessive qui ne peut pas s’échapper,

L’homme fait référence à une espèce très lente,

Au fil du temps, une habitude traînante,

Au fil du temps cet art qui tue : chassez !

 

C’est si lamentable, si elle s’en va : cours !

On a plus de mental à dire qu’on est carpe,

Un courage mort. Agit comme une écharpe,

Nous étrangle et elle reste aux alentours

 

Ce virus est en nous, et il faut qu’on l’écarte

En douceur et vite ! La paresse à la Bart !

Évite-la sinon devant, le vide est là !

 

Hélas ! Cet esprit nous envahit. A croire

Que notre Saint Esprit vraiment n’existe pas.

C’est rien, c’est quelque chose, c’est le désespoir !

 

Joachim

 

 

  

Au début on se dit « Non cela n’est pas pour moi, ça rend dépendant » ; et une fois que c’est entre nos mains, on ne peut plus s’en passer. Je ne veux pas devenir addicte à quelque chose que lorsqu’on en a pas, tout va très bien. Puis ça fait dépenser des sous pour pas grand-chose. Avant les gens vivaient très bien sans, mais alors tous disent que c’est indispensable et qu’on a plus de problèmes etc.… Puis maintenant il y a tout le monde qui en a un et je n’ai pas envie de ressembler à tout le monde, devenir addicte à quelque chose pour faire comme tous même si soit disant c’est pratique et indispensable dans la vie d’aujourd’hui ; moi je trouve ça stupide car je vis très bien sans. 

Puis petit à petit on est de plus en plus tenté, on se dit : c’est vrai que ça pourrait être pratique, puis si on s’en sert pas on ne deviendra pas dépendant. Puis quoi que je ne sache pas si on en a vraiment besoin, ça vaut peut-être pas le coup d’investir là dedans si on s’en sert peu.

Puis pour finir on décide d’en acheter un et on va se rendre compte que c’est assez pratique, on s’en sert de plus en plus voire tout le temps ; on finit donc par faire comme tout le monde et on se dit que finalement les gens n’avaient pas tort. On ne s’en sépare plus, on l’a toujours avec nous car on trouve que ce n’est pas si inutile que cela.

On devient donc addicte au téléphone portable.

 

Anonyme

 

 

 


Addiction, amour pour l’être aimé et l’amour d’une mère

L’être aimé :

Le coup de foudre ou l’amour, ce sentiment que ressentent certaines personnes envers une autre personne. Il contrôle nos faits et gestes en ce qui concerne la personne que l’on aime. Il peut être partagé ou ne pas l’être. L’amour te fait commettre des folies, à tes yeux plus rien ne compte, mis à part l’être aimé. Cet être aimé illumine ta vie, il s’impose dans tes rêves, tes pensées, prend le contrôle de ton âme. Quand tu la vois tu restes scotché, tu restes bouche bée, ton visage rougi et surtout tu lâches un petit sourire.

L’amour d’une mère :

L’amour d’une mère pour son enfant qu’elle a porté pendant neuf mois : elle voit son enfant grandir, est présente lors de tes premiers mots, de tes pas, te voit évoluer sans jamais te quitter, et malgré tout ce que tu lui a fais subir elle t’aura pardonné et pour toute une éternité elle t’aimera.

C’est de cet amour, dont tu deviens accro, et dont tu ne pourras pas te passer même si tu le voulais. Cet amour est le plus sincère, c’est celui d’une mère.

 

Jordan

 

 


La drogue

 Dès l’âge de 15 ans, c’est souvent à cet âge qu’a lieu la première rencontre avec la drogue, souvent sous la forme de haschisch ou de cannabis. Les changements de repères, les questions qu’on se pose sur la vie, l’envie d’être autonome et de choisir sa vie et le sentiment d’être « mal dans sa peau »  font de l’adolescence une période délicate de la vie. Ne pas refuser le premier joint qui circule en soirée pour ne pas casser l’ambiance font de la « première fois » un passage quasi obligé, d’ailleurs peu dangereux et toléré. Les dealers le savent et ce n’est pas par hasard qu’on les voit traîner aux alentours des collèges et des lycées, habillés dans l’air du temps et aux apparences « sympas ». Tous ceux qui ont fumé un joint ne sont pas devenus toxicos, loin s’en faut et heureusement. La moitié de ceux-là en feront un usage modéré ou arrêteront quelques mois plus tard. Pour le reste, c’est l’aventure qui se prolonge vers les drogues dites « dures »…

 

Anonyme

 


 

Poème sur l’addiction au canabis

 

Avec le tabac tu t’es marié

Avec lui nous t’avons fumé

Avec vous nous avons décollé

 

Mais après être retombés

Comme vous le vouliez

On était prisonniers

Vous nous avez empoisonnés

A l’aide de votre T.H.C.

Vous nous avez condamnés

A encore et toujours vous fumer

Et comme vous le désirez

On se pourrit la santé…

 

Anonyme

 

2010-2011_2

Les jeux d’argent

 

 

Une réelle addiction :

 

Parmi ceux qui s'adonnent aux jeux de hasard et d'argent, certaines personnes développent une pathologie : le jeu devient une maladie ou une dépendance se traduisant par une impulsion incontrôlable à miser de l'argent.

 

Des joueurs aux profils différents selon les jeux

 

Aujourd’hui, nous n’avons pas de chiffres pour la France. Mais à partir d’études étrangères, on estime que le jeu pathologique pourrait toucher 0,1 % de la population, soit environ 600 000 personnes dans notre pays.

 

Quel que soit le canal de jeu, les joueurs sont majoritairement des hommes (53,5%), employés/artisans (35,5%) et âgés de 35 à 49 ans (34,4%).

 

Des profils se dessinent selon les types de jeux. Les parieurs hippiques sur Internet sont principalement des hommes âgés de plus de 35 ans, actifs ou encore des personnes retraitées. De leur côté, les fans de paris sportifs sont avant tout des hommes jeunes, âgés de 18 à 34 ans, actifs ou étudiants. Hors Internet, le poker attire plus largement de son côté des hommes âgés de 18 à 34 ans.

 

Reconnaître un joueur compulsif

 

Le jeu compulsif est aussi appelé le « mal caché » car aucun signe physique extérieur ne permet de détecter cette dépendance, contrairement aux dépendances aux drogues, à l’alcool et aux cigarettes. Il peut toucher tous les âges et toutes les tranches de la population, de l’ado. accro aux tickets à gratter en passant par les retraités et femmes aux foyers qui s’ennuient, sans oublier les cadres : personne n’est à l’abri.

 

Le joueur compulsif va jouer de plus en plus pour se procurer des états d’excitations de plus en plus élevés, ou pour récupérer ses dettes, pour se « refaire »... Il peut paraître agité ou irrité à l’idée de diminuer sa pratique et va jouer pour évacuer un stress. Il ment à son entourage et dissimule l’ampleur de ses pratiques de jeu. Il finance son jeu en détournant, empruntant ou volant de l’argent, tout en étant prêt à mettre en danger ses relations, son emploi, ses études ou sa carrière en raison du jeu.

 

Les facteurs qui amènent au jeu pathologique

 

Il n'existe pas une cause en particulier. Chaque joueur a ses propres raisons de jouer. Mais dans la plupart des cas, la personne essaie de détourner l'attention d'autrui ou de montrer un sentiment de malaise.

 

Certaines personnes jouent parce qu'elles ressentent la nécessité de succès spectaculaire. Ces personnes auront par exemple appris, souvent dans leur famille, qu'on est aimé et estimé des autres pour ce que l'on fait, pour nos succès, plutôt que pour ce que l'on est. De plus, parmi ceux qui ont appris qu'il est nécessaire d’avoir du succès matériel pour avoir l'attention et être reconnu, la persévérance peut venir soutenir le fait de revenir jouer sans cesse dans le but de regagner l'argent perdu. Le joueur compulsif s'entête à persévérer et non à s'obstiner contre le jeu.

 

D'autres expriment, par le comportement de jeu compulsif, de la colère ou de la rébellion. Ceci est basé sur l'assomption que le jeu est un comportement qui sera perçu par la famille et les autres comme déviant et dérangeant. Certains sont en quête d'une libération d'un état de dépendance émotive par la recherche d'une activité qu'ils peuvent contrôler. Cela en prenant appui sur le lien qu'ils ont établi entre indépendance financière et indépendance émotive. Aussi, bon nombre de joueurs et de joueuses cherchent l'acceptation sociale, puisque autour d'une table de jeux, tous sont égaux. (« Si vous avez l'argent, vous êtes accepté. »)

 

De nombreuses personnes qui ont un problème avec le jeu compulsif, jouent dans le but de fuir des émotions douloureuses. Par exemple, les joueurs dépressifs peuvent ressentir un regain d'énergie ou une libération d'endorphine en jouant. Ensuite, le jeu demande de l'attention, ce qui a pour effet de distraire l'individu de ses problèmes. De plus, les activités à hauts risques comme le jeu, par les sentiments d'excitation qu'elles procurent, combattent le sentiment de vide et de mort. En outre, pour les personnes souffrant de trouble d'hyperactivité, le jeu, comme la cocaïne ou les amphétamines, a comme effet de les ralentir. Enfin, le jeu peut aussi être pratiqué afin de prolonger la phase « maniaque » d'une maniaco-dépression.

 

Cependant, pour certaines personnes, cette addiction se met en place de manière progressive. Au départ, comme tout le monde, on joue pour se faire plaisir, taquiner le hasard en espérant décrocher le gros lot. Puis, peu à peu, la pratique devient incontrôlable. Il se produit un envahissement de la vie psychique par le jeu. C’est plus qu’une envie : un besoin obsessionnel de jouer. Ce qui caractérise l’addiction, c’est le fait que les gens continuent même si cela les place dans de grandes difficultés.

 

Les jeux dangereux

 

Certains jeux sont plus « dangereux » que d’autres. Les plus problématiques sont ceux dont la forme, la structure et la temporalité facilitent la perte de contrôle, c’est-à-dire les jeux avec un délai très court entre la mise et le résultat. Et une possibilité de retenter sa chance de façon quasi immédiate. C’est le cas des machines à sous, mais aussi et surtout du Rapido, une grille avec huit numéros à cocher avec un tirage toutes les cinq minutes, de 5 heures à minuit, dans les cafés et les brasseries. « Simple et rapide : vous cochez, vous misez et vous gagnez aussitôt ! Jusqu’à 100000 € », annonce la Française des jeux. C’est terriblement addictogène, et on voit des gens qui passent des heures dans les cafés à dépenser des sommes parfois énormes.

 

Les conséquences

Il faut bien comprendre que les problèmes de jeu ont des répercutions dramatiques sur de nombreux aspects de la vie : problèmes financiers et professionnels, répercussions sur la famille et le proche entourage, et parfois même sur la santé du joueur.

Le premier symptôme de cette addiction : le surendettement. En effet le joueur est pris dans un engrenage. Le but, initialement de gagner plus d’argent, devient bien vite de gagner afin d’éponger les dettes contractées pour pouvoir jouer toujours plus. Le joueur voit alors la solution dans le problème : il pense que jouer lui permettra de se sortir de cette mauvaise passe alors que cela ne fait qu’accélérer davantage le processus. D’autre part, une dépendance crée toujours un éloignement avec la famille et les proches : ainsi un joueur compulsif s’enferme-t-il dans un besoin constant et grandissant de jouer, devenant de ce fait de moins en moins disponible pour son entourage, de qui il va progressivement s’éloigner. Un éloignement qui est bien souvent réciproque car le joueur pathologique se caractérise par une forte nervosité, une irritabilité, voire une violence latente. Au niveau professionnel, les conséquences sont tout aussi dramatiques : perte de motivation, mésentente avec les collègues, stress, baisse de productivité : le joueur se condamne à perdre son emploi et sa source de revenus. Colère et mensonges vont isoler l’individu, qui, se retrouvant seul, ne peut plus communiquer sur son mal-être et va se replier davantage encore dans le jeu. Un véritable cercle vicieux. Le joueur, souvent sujet à la dépression, peut également contracter des problèmes d’alimentation, d’insomnie ou de migraines : la dépendance au jeu est une réelle maladie et entraîne des symptômes qui altéreront la santé de l’individu.

 

Le jeu pathologique : une maladie qui se soigne

 

Le plus souvent le malade vit dans le déni de sa dépendance et du lien qui existe entre le jeu et la dégradation de ses conditions de vie. La première étape vers la guérison est nécessairement la prise de conscience du problème et de ses conséquences néfastes. Une fois la prise de conscience du problème, les médecins vont pouvoir proposer des psychothérapies ou des médicaments. Sans compter qu’une interdiction de casino, une aide sociale à la gestion d’argent, une confiscation du matériel informatique si le joueur joue sur Internet, peuvent aussi être d’un grand secours… Heureusement la dépendance au jeu est une pathologie qui est relativement réactive aux traitements cliniques, contrairement aux toxicomanies lourdes. Le problème pour les spécialistes se situe plus au niveau de la mauvaise information autour du problème et du manque d’investissement de l’Etat. Et, même s’il existe un Observatoire des jeux depuis 1997, celui-ci est sujet à caution, puisque financé par la Française des Jeux et le PMU… Il apparaît donc urgent que cette addiction soit reconnue comme une maladie, que les populations soient mieux informées sur ses dangers et que, en tant que problème de santé nationale, elle soit sujet à des enquêtes épidémiologiques indépendantes des grands opérateurs de jeux.

 

Pour vous en sortir, vous pouvez consulter des services tel que Adictel. Ils sont mandatés par les casinos pour gérer les cas de joueurs pathologiques, ont notamment les moyens techniques de limiter vos mises dans les casinos en ligne, ou ceux de vous interdire de casino terrestre. Ils peuvent vous conseiller par téléphone de manière anonyme ou engager et payer des consultants spécialisés pour vous aider.

 

Témoignages

 

Vivre avec un homme accro aux jeux d’argent

 

Mon ami joue depuis 4 ans ou 3 ans, je ne sais même plus.

Ce n'est plus l'homme que j'ai aimé. Il ne pense qu'à aller au casino lorsqu'il a de l'argent. Il jouait ses payes entières, et maintenant ne travaille même plus. Il en est devenu radin, il ne m'aide pas du tout financièrement et joue mes sous alors qu'il touche plus que moi. Il ne donne rien pour la vie courante.

De plus, lorsqu'il est en manque, il devient agressif et méchant.

Il ne se rend même pas compte du mal qu'il me fait. Nous sommes jeunes et endettés, nous avons tout eu […] : coupure d'électricité... Rien ne le fait réagir, il me ment.

Je l'aime beaucoup mais je souffre énormément, je pleure souvent et je me dis que je n'ai pas la vie que j'aurais voulu avoir. Je ne sais plus comment faire pourtant je lui parle beaucoup et plusieurs personnes lui en parlent mais...

Il n’a plus rien du tout même plus de fierté. Le casino nous vole notre vie. C'est une drogue dure...

 

Je vis l’enfer du casino depuis 11ans

 

Je me suis fait interdire en France dans tous les casinos mais le problème c'est que je pars en Espagne jouer car j'habite près de la frontière et là-bas je ne sais pas comment faire pour se faire interdire.

Ça pourrit ma vie et celle des autres : mon ami, mon fils j'ai beau me dire « arrête et j'y arrive pas. Je suis criblé de dettes j'accumule crédit sur crédit car mon salaire ne suffit pas pour recouvrer mes découverts dus au casino je sais plus quoi faire. Je vais droit dans le mur, je suis conscient mais c'est plus fort que moi je me dis « n'y vas pas » et puis une autre pensée dans ma tête me dit « vas-y tu vas gagner » et au final tu perds plus que ce que tu gagnes. Je suis très malheureux, j'en pleure souvent...

En plus il y a aussi les casinos virtuels, les pires car tu dépenses jusqu'à ce que ta carte bancaire bloque.

Quand je suis rentré la première fois dans un casino j'avais 25ans et maintenant j'ai 36ans ça fait 11 ans que je joue et je n'ai jamais gagné le jackpot et je le gagnerai certainement jamais comme vous tous d'ailleurs.

J'ai jamais entendu dire qu'on devient riche en jouant au casino mais on essaye d'y croire on se dit « il faut y croire ce soir c'est le bon jour vas-y » mais on ressort avec la boule au ventre une envie de pleurer. C'est tellement dur maintenant pour s'en sortir financièrement que parfois je me dis « ce soir c'est toi le gagnant »... tu parles : rien. Des fois ça m'arrive un peu de gagner et je me dis « arrête pars » et je claque tout et je reviens sans rien mais le lendemain tu te demandes comment tu vas payer ton loyer ainsi que tes factures alors tu pleures tu es désespéré (...) tout le monde te tourne le dos même ta propre famille t'aide plus car tu leur as tellement menti pendant toutes ces années que tu jouerais plus c'est fini il l'ont cru mais maintenant c'est fini : ils croient plus en toi.

 

J'ai vraiment envie t'arrêter tout ça avant que ce soit vraiment trop tard... même si ça l'est déjà j'ai vraiment envie de m'en sortir aidez-moi SVP.

 

BONUS :

 

Quelques astuces d’anciens joueurs pathologiques

-

Limitez l’argent que vous emmenez sur vous, laissez vos cartes de crédit à la maison ou confiez-les à des personnes de confiance, faites fixer par votre banquier une limite de retrait quotidienne.

-         Évitez pendant un certain temps la tentation des casinos et autres cercles de jeu, n’allez pas regarder les autres jouer non plus.

-         Pratiquez à nouveau des activités que vous aviez délaissées pour le jeu.

-         Revoyez des amis que vous aviez délaissés pour le jeu.

-         Parlez de votre problème de jeu à votre entourage, aux personnes en qui vous avez confiance, faites-vous aider.

-         Pensez souvent à ce qui vous motive à arrêter de jouer.

-         Le seul véritable gagnant au casino, c’est le casino lui-même, en particulier si vous tombez dans le piège des martingales.

-         Excluez-vous des casinos : désormais une carte d’identité est obligatoire à l’entrée des cercles de jeu et de casino pour promouvoir le « jeu responsable » : il est donc possible de s’exclure du casino.


Anonyme

Sources:

www.zenithfm.fr

www.poker-actu.fr

www.casino-zen.com

www.les-jeux-dargent.fr

www.same-story.com

2011-2012

Tout commence par le commencement : fallait pas commencer

Je la roule, je l'allume, tire dessus, cendre, l'écrase.

Toujours ces mêmes gestes.

Automatisme

 

Elle danse entre mes doigts, se pose sur mes lèvres, doux baiser de nicotine.

La fumée stagne dans l'air, s'imprègne dans le tissu de mes vêtements, ça sent mauvais et pourtant je ne m'en passerai pas.

 

D'abord il y a juste la cigarette après le repas,

la cigarette sur le balcon la nuit quand toute la maison dort

et la cigarette après l'amour.

Toutes ont un goût différent, tantôt sucré, tantôt âcre. Je les savoure. Elles me transportent, m'emportent, je divague dans mes pensées, pense à tout pense à rien.

Un instant de calme. Un instant entre elle et moi.

 

Et puis, au gré du temps, il y a ces cinq minutes à tuer qui deviennent aussi un bon prétexte pour en cramer une... le temps passe plus vite.

La vie aussi passera plus vite, mais quoi ?!

 

Je suis jeune, la maladie, la mort, c'est loin,       loin,                  loin.

J'ai encore le temps d'arrêter.

D'arrêter d'avoir envie.

D'arrêter d'avoir besoin de cette ignoble chose sur laquelle je tire tous les jours comme pour en extirper le bonheur, elle qui ne me donnera jamais rien.

 

Avant elle était plaisir, maintenant elle est indispensable...

Prisonnière, enchaînée par la cigarette. Elle ne me laissera pas partir.

Je l'aime, elle me tue. À petit feu. Au fond, je sais que j'ai le choix mais je la choisis elle.

 

Elle me manquerait, l'élégante danseuse dans ma main...

Elle me manquerait cette atroce créature qui à chacune de mes bouffées m'enlève la vie.

 

Je n'arrêterai pas.

Demain peut-être, ou bien un autre jour, une fois, quand il sera trop tard, mais là non, je n'en suis pas capable. 

Rorolita.

 

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